Leben Jesu
6. Einleitung in d. kan. Bûcher d. N. T., depuis 1826. De Wette n'est pas un partisan résolu de l'authenticité johannique, et dans les premières éditions de son livre, il inclinait à admettre que l'Evangile avait été écrit par un disciple de l'apôtre; dans la cinquième édition (1848), il se montre plus favorable à la thèse de l'authenticité complète.
8. Plus tard, Leben Jesu fur das deutsche Volk bearbeitet, iHùi, Strauss s'est rallié aux principales conclusions de Baur.
9. Die kirchliche Tradition ûber den A p. Joh. und seine Schriften in ihrer Grund losigkeit nachgewiesen .
10. Kritik d. evang. Geschichte d. Johannes, 1840. Kritik der Evangelien, 1850,
mythique de Strauss, essaie de montrer que Tauteur du quatrième Évangile, penseur de premier ordre, a été un poète d'imagination puissante, à moins qu'il n'ait été un grand faussaire, La thèse de Lûlzelberger n'eut qu'un médiocre succès ; elle fut même rejetée par des adversaires de l'authenticité du quatrième Evangile, tels que Strauss, Baur et d'autres critiques. Baur avait besoin de l'apôtre Jean à l^^phèse pour lui attribuer l'Apocalypse. Mais, en même temps, l'école de Tubingue reprenait à fond la question johannique, et, en s'elForçant d'expliquer l'origine de l'Évangile, aboutissait à en nier l'authenticité. Schvegler \ dans une étude sur le montanisme, essayait de prouver que le quatrième Evangile avait paru en Asie mineure, vers l'an 150, dans le même milieu et procédant des mêmes tendances que le mouvement montaniste. Kôstlin ^ analysait la doctrine johannique en prenant l'inauthenticité pour point de départ. Enfin pendant que Zeller ^ discutait le témoignage traditionnel, le maître de la nouvelle école, Baur ^ formulait son système : le prologue de Jean contient le programme dogmatique de l'Évangile, la lutte du Logos divin, qui se manifeste comme principe de lumière et de vie, contre les ténèbres qui régnent dans le monde; cette lutte va toujours croissant depuis la manifestation du Christ ; elle aboutit à la catastrophe qui termine et glorifie l'apparition terrestre du Logos ; par l'idée du Logos le christianisme acquiert une signification universelle, le rôle divin du Christ une expression intelligible; l'évangéliste adapte la matière historique à sa conception idéale, il crée, au besoin, des personnages, par exemple Nicodème et Lazare ; de là viennent les modifications qu'il fait subir à la tradition synoptique ; il a derrière lui tout le développement du christianisme jusqu'au milieu du second siècle, et il résout tous les problèmes anciens dans l'unité plus haute du catholicisme; il a écrit vers l'an 170, en Asie mineure, ou plutôt à Alexandrie, et son œuvre a été bien accueillie des partis les plus opposés, parce qu'elle rencontrait, en les dominant, toutes les tendances, les questions et les disputes de l'époque, la gnose, la doctrine du Verbe, le montanisme, la controverse pascale. Tout n'était pas également fragile dans cette construction trop théorique. L'erreur principale consistait à voir dans le quatrième Évangile une sorte de compromis entre le gnosticisme dans tout son développement, et la tradition chrétienne primitive, tandis qu'il se place très certainement, et de la façon la plus naturelle, au début de la gnose.
1. Der Montanismus u. d. christliche Kirche d. zw. Jahrh. 1841. Même idées reprises dans Nachapost. Zeilalter, 11, 1846.
2. Der Lehrbegriff des Evang . u. d. Briefe Johannis, 1843. A. Theolog. Jarbh, 1845, 1847, 1853.
4. Theolog. Jahrbh, 1844. Krit, Unlersuchungen ûher die kanon. Evangelien, 1847.
INTRODUCTION
Le principal écrit de Baur sur la question johannique est de 1847. Les vingt années qui suivent sont remplies par la controverse entre Técole de Tubingue et les théologiens ou critiques de nuance différente. Bleek ^ défend l'authenticité johannique en prouvant que le Christ, même d'après les Synoptiques, a dû venir plusieurs fois à Jérusalem avant la dernière pâque ; que la vraie date de la passion est celle qui est indiquée par le quatrième Évangile, à savoir le 14 nisan ; que l'apôtre Jean avait pu néanmoins, durant son séjour à Ephèse, célébrer la pâque ce jour-là et autoriser ainsi la pratique des quartodécimans. Bleek renouvelle, à propos du double enseignement synoptique et johannique, la comparaison de Socrate selon Xénophon et selon Platon. Il entend démontrer que le caractère johannique de la forme ne porte pas préjudice à Tauthenticité du fond; que les discours du quatrième Évangile n'ont pas été inventés par l'auteur, selon la méthode des historiens profanes ; que les récits, outre que les faits miraculeux n'y sont pas accumulés comme dans les Synoptiques, sont plus simples et portent la marque du témoin oculaire; que l'évangéliste était un juif et connaissait bien les choses juives ; que l'on peut admettre une influence alexandrine pour la théorie du Logos, mais que l'auteur a eu soin de ne pas introduire cette idée dans les paroles de Jean-Baptiste ni dans les discours du Christ ; que l'universalisme de l'Évangile n'est pas en contradiction avec le caractère de l'apôtre Jean, et que celui-ci n'a pas été judaïsant ; que le séjour de l'apôtre à Jérusalem, auprès de Pierre et de Jacques, n'oblige pas à lui attribuer une forme d'enseignement analogue à celle des Synoptiques; que l'insistance de l'évangéliste sur la vérité de son témoignage n'est pas un signe d'inauthenticité, non plus que la façon mystérieuse dont il se désigne ; que la composition de l'Evangile par le disciple bien-aimé est garantie par le dernier chapitre ; que le témoignage traditionnel, principalement celui d'Irénée, est critiquement inattaquable, et que le montanisme a trouvé l'Église en possession des quatre Évangiles canoniques ; que le quatrième est antérieur à V^alentin, à Marcion, à Justin ; que Papias et Polycarpe, qui ont connu la première Épître johannique, ont dû connaître aussi l'Évangile ; enfin, que Jean a écrit à Éphèse, postérieurement à l'an 70, d'après ses souvenirs, pour établir que Jésus était le Christ Fils de Dieu, mais sans que son œuvre soit pour cela dépourvue de caractère historique. L'apologie est aussi complète que possible ; elle est très solide sur certains points et réfute en partie le système de Baur; dans l'ensemble, elle méconnaît le véritable caractère du quatrième Évangile et l'état réel de la tradition avant Irénée. De Wette ^,
1. Beitràge zur Evangelienkrilik, 184G. FAnleitung in d. iV. T. 1862.