Cf. Grill
l). Opinion de Reuss, Théologie Johannique, 145.
NICODÈME
Mais il faut g-arder les deux sens, car tous les deux sont nécessaires et se continuent dans le discours. Jésus vient de dire qu'on doit croire en lui parce qu'il est le vrai Messie, le « Fils de rhomme », qui est descendu du ciel, qui est au ciel. Il ajoute aussitôt qu'il devra « être élevé » afin que les hommes, le voyant « élevé » ainsi, croient et qu'ils trouvent la vie dans la foi. « Comme Moïse a élevé le serpent dans le désert ^ ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé, afin que tout croyant ait par lui la vie éternelle » Au sens littéral, indiqué par la comparaison avec le serpent d'airain, et confirmé par un autre passage u l'élévation » de Jésus est le crucifiement. La comparaison porte moins sur le serpent mosaïque et sur le Christ, que sur le fait de la guérison obtenue par les Israélites en regardant le serpent d'airain, et celui de la vie éternelle obtenue par les enfants de Dieu en croyant au Crucifié ^. Ceux-ci sont sauvés en contemplant la croix avec le regard de la foi ; la « chose céleste » que leur foi embrasse • est l'amour de Dieu pour les hommes, révélé par le don qu'il fait de son Fils. Cependant cette « élévation » n'épuise pas toute la pensée du texte, et l'évangéliste s'est abstenu de déterminer le verbe par un complément circonstanciel, afin que l'esprit du lecteur puisse jDasser, de « l'élévation » matérielle sur la croix, à « l'élévation » spirituelle dans la gloire, la première étant la condition providentielle et aussi la figure de la seconde. De njême que, plus haut, l'ascension du Christ était à l'arrière-plan du discours, son exaltation définitive à la droite du Père apparaît ici derrière la croix, pour en supprimer l'horreur. La foi qui sauve n'estelle pas la foi au Christ glorifié, après avoir été, et pour avoir été crucifié ?
La raison pour laquelle Dieu « élèvera » son Fils, le laissera cru-
1. NoMBR. XXI, 8-9. Le rôle du serpent dans certains systèmes g-nostiques pourrait faire soupçonner que l'évangéliste oppose son symbolisme à quelque spéculation hétérodoxe. Cf. Grill, 357.
2. V. 15. iva nS.;, ô TTiaxsucov Iv aùxài ïyri ÇfDrjv atoSviov, Texte reçu ; î'va Tià; 6 tzii- Tsûcov £tç aùxôv [J.7] à7idXr]Tat àXX' k'/r] î^ojfjV awoviov. Vg. : (( ut omnis qui crédit in ipsum non pereat sed habeat vitam aeternam. » Changement et addition suggérés par le v. suivant. Le participe Triaisutov n'a pas de complément, et il n'en a pas plus besoin ici qu'au v. 12* Iv aùxto se rapporte au verbe 'r/r,. (]f. v, 31); XVI, 33 ; XX, 31.