‹ Le quatrième évangileChapitre 271 sur 857 · XIX · texte numérisé non relu

XIX

NOUVEAU TÉMOIGNAGE DE JEAN-BAPTISTE (JEAN m, 22-36)

III, 22. Après cela, Jésus vint, ainsi que ses disciples, au pays de Judée, et il s'y arrêta avec eux, et il baptisait. 23. Et Jean baptisait aussi à Enon, près de Salem, parce qu'il y avait là beaucoup d'eau, et l'on venait se faire baptiser. 24. Car Jean n'avait pas encore été jeté en prison. 25. Or il y eut une querelle des disciples de Jean avec un juif (?), touchant la purification. 26. Et ils vinrent trouver Jean et lui dirent : « Rabbi, celui qui était avec toi au delà du Jourdain, à qui tu as rendu témoignage, le voilà qui baptise, et tous viennent à lui. » 27. Jean répondit et dit ; « Un homme ne peut rien prendre, s'il ne lui a été donné du ciel. 28. Vous-mêmes, vous m'êtes témoins que j'ai dit : Je ne suis pas le Christ; mais je suis envoyé devant celui-là. 29. L'époux est celui à qui est l'épouse. Mais l'ami de l'époux, qui se tient (tout près) et qui l'écoute, est ravi de joie à la voix de l'époux. C'est cette joie qui s'accomplit en moi. 30. Lui doit grandir, et moi diminuer. 31. Celui qui vient d'en haut est au-dessus de tous. Celui qui est de la terre, est de la terre et parle de la terre. Celui qui vient du ciel est au-dessus de tous. 32. c'est de ce qu'il a vu et entendu qu'il témoigne; et personne ne reçoit son témoignage. 33. Celui qui reçoit son témoignage atteste que Dieu est véridique. 34. Car celui que Dieu a envoyé dit les paroles de Dieu, parce qu'il (Dieu) ne (lui) donne pas l'Esprit avec mesure. 35. Le Père aime le Fils, et lui a tout remis entre les mains. 36. Celui qui croit au Fils a la vie éternelle. Celui qui ne ne veut pas croire au Fils ne verra pas la vie ; mais la colère de Dieu demeure sur lui. »

Après les faits dont on vient de parler, c'est-à-dire après le séjour à Jérusalem, pour la fête de Pâques, et les incidents qui s'y sont produits, Jésus s'éloig-ne de la capitale et reste quelque temps dans la province de Judée. Il n'y a pas lieu de mettre dans l'intervalle un retour en Galilée^ sous prétexte que, Jérusalem étant en Judée, le point de départ doit être cherché ailleurs; car l'opposition n'est pas entre la province de Judée et une autre province, mais entre Jérusalem et « le pays judéen ». Jésus s'avance, avec ses disciples, dans

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la direction du nord-est^ vers le Jourdain, et il se fixe quelque temps dans cette région, prêchant sans doute et recrutant des adhérents, puisque Ton dit qu'il baptisait.

Au commencement du chapitre suivant i, Févangéliste se reprendra pour dire que Jésus ne baptisait pas en personne, mais par ses disciples. Dans les deux passages, une différence réelle semble supposée entre le baptême administré par Jean et celui qui est donné par Jésus, ou par ses disciples à sa place et comme en son nom. D'ailleurs, Jésus a été signalé par Jean lui-même comme le représentant du baptême dans l'Esprit-Saint- ; il a proclamé, dans son discours à Nicodème, la nécessité de renaître par l'eau et l'esprit ^. L'évangéliste n'a pu vouloir le montrer, en cet endroit, donnant le baptême d'eau. Cependant les commentateurs anciens et modernes sont divisés sur cette question. Un grand nombre de Pères n'ont pas cru pouvoir admettre que le baptême spirituel pût exister avant la résurrection du Sauveur et la descente du Saint-Esprit ^ ; on allègue aujourd'hui que le baptême sacramentel ne pouvait être donné avant que l'œuvre de la rédemption fût accomplie ^, ou bien que Jésus n'était pas encore entré dans son activité messianique ^. Toutefois des autorités non moins graves ^ ont préféré s'attacher au sens naturel du récit johannique : il est facile de répondre à la thèse opposée que l'ordre de baptiser donné, dans Matthieu ^, par le Sauveur ressuscité, autorise plutôt qu'il ne crée l'institution du baptême ; que les indications des Synoptiques ou des Actes ne doivent pas être appliquées sans discernement à l'interprétation historique du quatrième Evangile; que l'activité messianique du Sauveur commence visiblement, pour l'évangéliste, avec la descente de l'Esprit sur Jésus; enfin que, si on lit plus loin, dans notre Evangile même^, que l'Esprit ne fut répandu ou qu'il n'y eut d'Esprit qu'après

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