‹ Le quatrième évangileChapitre 272 sur 857 · VII · texte numérisé non relu

VII

la g-lorifîcation de Jésus, mieux vaut admettre dans les assertions de l'évang-éliste une certaine incohérence, le baptême donné par le Christ ou en son nom devant être, selon la log-ique des idées johanniques, un baptême spirituel, et la tradition antérieure obligeant néanmoins de renvoyer la grande effusion de T Esprit-Saint après la résurrection, que d'imputer à l'auteur une opinion absolument contraire au but de sa démonstration et qui ferait du Verbe incarné un simple imitateur de Jean-Baptiste. L'hypothèse d'un baptême qui ne serait ni celui de Jean ni celui de Jésus, mais une sorte de consécration au règne messianique, analogue au baptême du Christ peut être ingénieuse; on ne voit pas bien à quoi elle correspondrait dans la pensée de l'écrivain. Si on l'entend bien, ici et quand il dira que Jésus ne baptisait pas lui-même, il oppose le baptême chrétien au baptême de Jean et aux purifications légales : c'est pourquoi il met Jésus baptisant en face de Jean baptisant. Mais il sait fort bien que le baptême chrétien n'a existé qu'après la résurrection du Christ et la fondation de l'Eglise : c'est pourquoi il dira que c'étaient les disciples, et non Jésus, qui baptisaient. Cette confusion ne l'inquiète pas, du moment qu'il réussit à faire valoir sa conception du baptême chrétien.

Jésus donc baptisait. Or Jean-Baptiste lui-même n'avait pas cessé de baptiser. Il se trouvait à proximité de l'endroit oii Jésus s'était établi. Pour plus de précision, l'évangéliste indique le nom du lieu où se tenait le Précurseur : c'était à Enon, près de Salem, un endroit bien pourvu d'eau, où il pouvait aisément baptiser les gens qui venaient à lui en grand nombre. Ce lieu n'est pas identifié avec certitude : on doit le placer, d'après les données de la tradition et les vraisemblances tirées du texte évangélique, sur la rive occidentale du Jourdain, à quelque distance du fleuve, vers le nord, non loin de Beisan 2. H n'est aucunement nécessaire d'admettre qu'Enon et Salem aient été situés dans la province de Judée, ni que Jésus et Jean aient été tout à fait rapprochés l'un de l'autre. Ils devaient être tous deux assez près du Jourdain, Jésus

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