‹ Le quatrième évangileChapitre 273 sur 857 · SciiANz, loc. cit · texte numérisé non relu

SciiANz, loc. cit

2. Cf. Hupi-. p. 212. Pour la discussion des hypothèses concernant remplacement de Salem et d'Énon, voir Laguange, Revue biblique, 189"), p. 509-511. Enon, (( les sources », ou <( la source du poisson », (Ss.), près de Salem, « la paix », pourrait sij^nifier le baptême de Jean, comme préliminaire à celui du vrai Melchisédech, prince de la paix (cf. xiv, 27; xx, d9-23). E. A. Abbott, E. Il, 1796.

NOUVEAU TÉMOIGNAGE DE JKAN-BAPTISTE

au sud de la Samarie, et Jean au nord. Pourquoi Jean baplisait-il encore, après avoir publiquement reconnu Jésus pour le Messie ? C'est ce que l'évangéliste ne dit pas, et ce qui met les commentateurs dans l'embarras. La difficulté n'existe pas dans la tradition synoptique, où la captivité de Jean suit de près le baptême du Sauveur et commence avant sa prédication. L'auteur du quatrième Evangile a aiguisé le problème par le soin qu'il prend d'observer que Jean ne fut pas jeté si tôt en prison, comme s'il voulait corriger le récit de ses devanciers. Ceux qui pensent que le baptême donné par Jésus n'était pas encore le baptême d'esprit, croient tout expliquer en disant que le baptême d'eau pouvait se perpétuer sans inconvénient par les mains de Jean, comme il se perpétuait aussi par les mains de Jésus ou de ses disciples : mais on ne voit plus pourquoi les deux baptêmes sont considérés comme deux œuvres distinctes et même rivales, ni surtout pourquoi Jean et Jésus ont une activité indépendante, chacun de son côté, Jésus n'ayant pas égard à ce que fait le Précurseur, ni le Précurseur à ce que fait Jésus. L'objection est encore plus forte, s'il est possible, quand on admet la distinction essentielle des deux baptêmes, et les hypothèses d^s anciens auteurs méritent à peine d'être rapportées K La meilleure consiste à dire que Jean baptisait pour continuer à envoyer des disciples à Jésus : mais c'est là une idée que les textes, même dans le quatrième Evangile, ne favorisent point. Jean va rendre encore témoignage au Christ ; il ne fait pas profession de lui fournir des disciples, et son baptême reste ce qu'il était avant leur rencontre. Faudra-t-il admettre, avec un critique éminent ^, que l'auteur du quatrième Evangile a corrigé de sa propre autorité la tradition synoptique, à seule fin d'introduire un dernier témoignage du Précurseur, qui ferait pendant à l'histoire du message dans Matthieu et dans Luc 3, sans avoir souci de la contradiction où il se mettait avec lui-même ? Cette conclusion ne paraît pas seulement vraisemblable, mais certaine.

Que Jean n'ait pas cessé de baptiser avant d'être arrêté par les ordres d'Antipas, c'est ce que tous les critiques admettent, et ils n'ont pas de ce chef à contester le témoignage du quatrième Evangile. D'autre part, il est à croire que l'arrestation de Jean n'a pas suivi immédiatement le baptême de Jésus, et que néanmoins le grand

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