‹ Le quatrième évangileChapitre 274 sur 857 · HoLTZiMANN · texte numérisé non relu

HoLTZiMANN

'A. Matth. XI, 2-19; Luc, vu, 18-35.

éclat de la prédication galiléenne est postérieur à remprisonnenient du Précurseur. Le seul point qui soit suspect à plusieurs est que Jésus ait baptisé ou fait baptiser durant son ministère, et surtout dès le commencement. On a déjà vu que Févang-éliste lui-même sait fort bien que Jésus n a jamais baptisé. C'était le sentiment très net de la tradition, et l'impression que donne une lecture des Synoptiques faite sans parti pris. Le Christ, au temps de sa prédication, n'avait ni pratiqué ni recommandé formellement à ses disciples le rite baptismal. Si Jean, de son côté, a continué son ministère dans les conditions où il l'exerçait avant que Jésus vînt le trouver, c'est que les circonstances de cette rencontre ne furent pas telles qu'il ait dû penser à se faire lui-même disciple de Jésus. Le message qu'il adressa de sa prison au Sauveur prouve qu'il avait gardé toute l'indépendance de son action, et l'on peut dire même de sa pensée. Jean captif ne savait pas encore que Jésus était le Messie; il commençait seulement à le soupçonner, et les Synoptiques ne disent pas que la réponse de Jésus l'ait amené à la foi. Il est permis d'en douter, puisque sa secte ne s'est pas ralliée à l'Evangile. En toute hypothèse, le remplacement du message des Synoptiques par des déclararations explicites sur Torigine céleste du Christ est une chétive recommandation pour le cadre où ces déclarations ont été placées. Pourquoi la mise en scène vaudrait-elle mieux que le discours, si le même intérêt théologique et apologétique peut l'expliquer? Or cette préoccupation se trahit non seulement en ce que l'évangéliste prête à Jean des professions de foi qu'il n'a jamais faites, mais en ce qu'il renverse, pour ainsi dire, le rapport historique entre Jean et Jésus. On dirait qu'il défend le Christ contre des gens qui l'accusaient de n'avoir été qu'un disciple et un imitateur du Baptiste. On sait comment il a éliminé le baptême du Sauveur. Il tient beaucoup maintenant à montrer dans le baptême chrétien une pratique supérieure et presque antérieure au baptême de Jean : il dit d'abord que Jésus baptisait, et que Jean baptisait aussi, comme si ce n'était pas Jean qui eût commencé K N'a-t-il pas d'abord présenté Jean comme ayant reçu de Dieu, en même temps que l'ordre de baptiser, la révélation du signe qui lui permettrait de reconnaître celui qui viendrait baptiser en esprit 2? Ainsi l'évan-

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