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s'est contenté ainsi que sa famille, et dont il a aussi abreuvé ses troupeaux. La femme croyait avoir dit beaucoup et confondu ce Juif présomptueux, en invoquant le nom de u notre père Jacob », qui était aussi bien le père des Juifs.
Jésus s'explique, mais de telle sorte que sa réponse donne lieu à une nouvelle méprise. Sans se mettre expressément au-dessus de Jacob, il déclare que Teau dont il parle est d'une bien autre nature, d'une autre efficacité que celle du puits. L'eau du puits ne désaltère que pour un temps très court, et n'empêche pas d'avoir soif de nouveau ; l'eau que Jésus donne étanche la soif pour toujours; c'est une eau qui demeure en celui qui Fa bue, comme une source jaillissant à une vie éternelle K Son jet, qui produit la vie, atteint le ciel et l'éternité. Ce dernier trait insinue que l'eau vive n'est pas un élément matériel. Serait-il suffisant pour éclaircir le contexte, si Ton ne savait de quoi il est question ? La femme, en tout cas, ne comprend pas encore. Elle croit que Jésus décrit une eau qui, prise une fois, désaltère à tout jamais, et elle demande un peu de ce breuvage extraordinaire. Parle-t-elle sérieusement, ou veutelle plaisanter ? Comme l'évangéliste ne lui prête pas beaucoup d'intelligence, on ne doit probablement pas voir dans ses paroles une réflexion piquante, mais l'idée naïve d'un élixir merveilleux, que son imagination de femme ignorante et superstitieuse accepte sans difficulté. L'eau qui jaillit à vie éternelle étanche la soif pour toujours, en ce sens que, devenue source débordante en celui qui la possède, elle rassasie à mesure le désir qu'elle excite. Il n'y a pas contradiction, mais différence de point de vue entre ce que Jésus dit ici de l'Esprit Saint et ce que l'auteur de l'Ecclésiastique - fait dire à la Sagesse : « Celui qui me mange a encore faim, et celui qui me boit a encore soif. » La différence n'est pas précisément entre l'infusion de la sagesse qui demande à être accrue, étant affaire de connaissance, et le sentiment de la justification qui tranquillise l'âme pour toujours ^; car il ne s'agit pas, dans l'Ecclésiastique, d'une connaissance purement intellectuelle, et il ne s'agit pas ici de la justification par la foi, mais d'une participation réelle et croissante
d . V. 14.;triy7] uoatoç àX^O[JL£vou de, Çtorjv aîojvtov. Cf. vi, 27. rrjv (3pwaiv ttjv [xévouaav eiç Ç(i)7]V aîojviov.