Cf. AcT. VIII
LA SAMARITAINE
puits de Jacob, parce qu'elle adore le Dieu d'Israël ^ L'eau du puits, comme le baptême de Jean, figure le rég-ime des purifications légales, que doit remplacer l'eau vive, le baptême d'esprit 2.
On ne voit pas que la femme ait la moindre confusion intérieure de ce que Jésus lui dit sur sa situation. Mais comme le sujet est fait pour lui déplaire, elle détourne la conversation sur la question religieuse, qui était perpétuellement à l'ordre du jour entre les Samaritains et les Juifs. Au point de vue de l'allégorie, il n'y a pas de détour, et l'évangéliste suit sa pensée en passant du mari de la femme au culte samaritain. Il faut beaucoup de bonne volonté pour trouver dans la manœuvre de la Samaritaine un aveu indirect de sa faute. L'intention de l'auteur, qu'il faut regarder avant tout, est d'amener le déclaration sur le culte en esprit. Quant à la femme, elle n'a pas l'air de se juger très coupable, et son discours atteste plus de curiosité que de regret. Elle pense et elle dit simplement que Jésus doit être un prophète, un homme inspiré de Dieu, puisqu'il connaît si bien les choses qui la regardent, et elle s'empresse de le faire parler sur un point de religion. Il n'est pas évident que ce soit pour éclaircir un problème qui la tourmente, et s'en rapporter à ce que Jésus lui enseignera. C'est plutôt pour voir ce qu'il dira sur un sujet qui intéresse tout Juif et tout Samaritain, et qui doit, s'il est homme de Dieu, l'intéresser plus particulièrement encore. Les commentateurs ont peut-être tort de vouloir suivre les étapes d'une conversion dont la réalité ne s'affirme nulle part. On pourrait même se demander si les paroles : « Je vois que tu es prophète », expriment une conviction réelle ou une idée qui se présente à l'esprit de la femme et dont elle fait un compliment à Jésus, sans j attacher autrement d'importance. <( Nos pères », ajoute-t-elle, c'est-à-dire les anciens Samaritains, depuis l'organisation de leur culte, sur le Garizim au temps de Néhémie, quoique l'interprétation ancienne d'après laquelle les pères