B. Weiss
2. V. 23. àXXà s'py eTat aipa xaî vuv lanv, oxe oi àXrjOivoi Tïpoaxuvrjral TtpoaxuvTj'ao'jaiv Tà) Tcaxpi sv TTvsufjLaxi xai àXr]0£ia.
3. V. 24. 7îv£U[j.a ô ôéoç, xat xoùç Ttpoaxuvoù'vxaç aùxov Iv 7rv£u[j.axt xat àXriOâi'a ùd TTpocrxuvsiv. Ss. : 23. a Mais l'heure vient, et elle est arrivée déjà, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité; carie Père cherche de tels adorateurs, 24. ceux qui Tadorent en esprit et en véri té. » L'omission de : « Dieu est esprit », peut-être accidentelle et occasionnée par la répétition des mêmes formules; elle se trouve compensée par la glose do m, 7 {supr. p. 311, n. 1).
autant la légitimité de tout symbole, de tout culte extérieur et public en un lieu quelconque, si cette manifestation n'est que l'expression régulière du culte en esprit. On a vu déjà que le baptême d'esprit se confère par l'eau ^ . Le mot « esprit » ne désigne en cet endroit ni l'esprit de Dieu ni l'esprit de l'homme, mais la nature spirituelle en général. Nul n'a jamais vu Dieu ; mais le Fils unique, qui est dans le sein du Père, raconte ce qu'il est ^ ; c'est pourquoi Jésus fait ces déclarations touchant l'essence divine ^. Bien que les Juifs ne la pratiquent pas encore, c'est des Juifs par le Christ que le secret de l'adoration véritable sera communiqué à tous les hommes.
Si le discours ne semble pas fait pour être compris de la Samaritaine, les idées ne s'enchaînent pas moins très régulièrement, et l'on ne voit pas comment on pourrait séparer du contexte, pour l'attribuer ou « à l'auteur » ou à 1' « un de ses disciples », le verset : <( Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous nous adorons ce que nous connaissons », en regardant comme parole authentique de Jésus tout le contexte, où il est parlé du culte en esprit, sauf à corriger Thypothèse par une assertion qui frise le paradoxe : « Il n'y a pas d'authenticité rigoureuse pour de tels mots ^. » Le passage entier contient une vue de philosophie religieuse, qui, telle qu'elle est conçue et exprimée, appartient à l'évangéliste, bien que Jésus ait réalisé les principes et préparé les conditions d*où on a pu la déduire. En ce sens, il est permis de dire : « Si Jésus n'a jamais prononcé ce mot divin, le mot n'en est pas moins de lui, le mot n'eût pas existé sans lui ^. » Seulement, on n'a pu le formuler ainsi qu'à une époque et dans un milieu où la question de la Loi mosaïque et de son obligation n'existait plus depuis longtemps.
Rien ne fait supposer que la femme soit frappée ^ de la réponse de Jésus, ni surtout qu'elle soit persuadée ' de ce qu'il vient de dire. Il paraît bien plus probable que l'évangéliste a voulu la montrer comme ne comprenant rien, si ce n'est la destruction dont était menacé le culte samaritain, et comme voulant ter-