‹ Le quatrième évangileChapitre 294 sur 857 · SCIIANZ · texte numérisé non relu

SCIIANZ

LA SAMARITAINE

miner l'entretien par une observation qui lui permettrait d'éluder la critique de Jésas, en lui rappelant que le Messie avait seul qualité pour trancher des questions si difficiles. Cette Samaritaine a des ruses de commère, et toujours elle est prise dans ses propres pièg-es. « Je sais que le Messie viendra ^ ))^ dit-elle ; ainsi elle a compris que Jésus annonçait la suppression des cultes samaritain et hiérosolymitain, par Favènement du Messie ; mais elle n'accorde pas que le Messie fera ce que dit Jésus. (( Quand il sera venu, observe-t-elle, il nous dira tout » ce qu'il faut. On verra bien s'il condamne le culte de Samarie. a C'est moi dit Jésus, qui suis le Messie. L'arrivée des disciples met fin à l'entretien. La femme estelle convertie ? Le récit ne le dit pas, et les commentateurs qui croient le savoir s'avancent peut-être beaucoup. On a remarqué à bon droit que, si l'évangéliste avait voulu raconter la conversion de la femme, il n'aurait pas laissé l'entretien comme suspendu à l'endroit même où il commençait d'être intéressant L'attitude équivoque de la Samaritaine figurerait assez bien celle du groupe samaritain non converti^ à l'égard de la prédication apostolique, avec la pointe de curiosité indiscrète, et incrédule au fond, qui se remarque, au livre des Actes dans Simon le Magicien. S'il y a eu conversion, la conversion aura été fort incomplète, et l'évangéliste lui-même le fera suffisamment entendre plus loin. La mention du Messie n'aurait rien d'invraisemblable dans la bouche de la femme : les Samaritains attendaient un Messie-prophète qui devait relever et renouveler le culte du Garizim. La déclaration du Sauveur, si peu conforme aux habitudes que lui supposent les récits des Synoptiques, s'accorde, au contraire, parfaitement avec le schéma du quatrième Evangile, où Jésus se manifeste comme Messie dès le commencement de son ministère. C'est là, c'est-à-dire dans le caractère non historique du récit, non pas en ce qu'un malentendu politique n'était pas à craindre en Samarie ^, qu'il faut chercher l'explication de cette différence.

1. On se demande pourquoi FévangéHste répète ici l'interprétation grecque du mot u Messie » (cf. i, 42), en ayant même Fair de la placer dans le discours de la femme : 25. oiSa on Msaat'aç k'pyexai, ô À£Yd[j.£vo; Xpiaid;.

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