‹ Le quatrième évangileChapitre 296 sur 857 · MANN · texte numérisé non relu

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plication des pains, et mis de l'hei-be sur la terre pour asseoir la foule ^, peut tout aussi bien supposer des champs verdoyants, s'il en a besoin pour son allégorie.

« Levez vos yeux, dit le Sauveur, et considérez les campag-nes^ qui sont déjà blanches pour la moisson. » Les commentateurs pensent que des champs verts et des Samaritains qui y marchent on peut faire une moisson blanche. Mais il y a antithèse entre la moisson naturelle, éloignée de quatre mois, et la moisson spirituelle qui se prépare actuellement. Jésus ne demande pas à ses disciples de regarder les champs verts, mais la moisson spirituelle dont les Samaritains sont une partie, et qui est censée présente dans la personne de ceux-ci. L'ensemble du discours montre que le point de vue est idéal : la moisson que les disciples doivent regarder est celle que le narrateur lui-même admire, à savoir l'Evangile et tous ses succès. Jésus est supposé les constater dans le présent ; mais cette adaptation d'une vue générale à une circonstance particulière, du point de vue de l'évangéliste à la situation historique où il introduit le discours, engendre une confusion d'où Ton ne peut sortir qu'en négligeant le cadre pour suivre l'idée de l'auteur. C est le monde entier que le Christ voit prêt à recevoir la bonne nouvelle. Plus haut^ il annonçait le culte en esprit, qui ne se pratiquera pas exclusivement à Samarie ou à Jérusalem, mais dans tout l'univers. Maintenant il voit les hommes se disposant à recevoir cette religionuniverselle. Grande est la joie du moissonneur, c'est-à-dire du prédicateur évangélique qui contribue à cette œuvre de salut, initiant les âmes à la vie éternelle : n'est-ce pas du fruit qu'il amasse dans le royaume des cieux, et ne trouve-t-il pas là sa récompense 2? « Déjà », dès maintenant, le moissonneur reçoit ce salaire^

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