‹ Le quatrième évangileChapitre 299 sur 857 · IV · texte numérisé non relu

IV

3. u Vix credibile videretur tantum Samaritanos duorum dierum spatio in fide profecisse, nisi evangelista tam aperte dixisset. Sed eo facilius crediderunt, quod Judaei non erant, exemplumque ediderunt fore ut facilius gentilcs crederent quam Judaei. Maldonat, II, 540.

l'Évangile, cette vérité n'est pas autrement indiquée par le récit. L'évangéliste envisage les faits généraux, non leur cause spéciale. D'ailleurs, l'efficacité de celle qui vient d'être indiquée n'a pu être sensible que dans l'âge apostolique, lorsque l'Évangile était déjà rejeté par les Juifs.

Pourquoi Jésus resta-t-il deux jours à Sychar, et n'y demeura-til pas plus longtemps? Déjà les anciens commentateurs trouvaient singulier que le Sauveur, qui, dans Matthieu i, défend à ses apôtres, lorsqu'il les envoie prêcher pour la première fois, d'aller chez les Samaritains, s'y arrête lui-même et y enseigne. Ils observaient que Jésus n'a pas pris l'initiative du séjour ni de la prédication, et qu'il n'est pas resté longtemps Ils ont très bien vu que ce récit, comme l'histoire du centurion et celle de la Cananéenne dans les Synoptiques, présageait la conversion des Gentils. Les modernes disent que le Christ s'arrête parce qu'il trouve la moisson mûre, et qu'il ne reste pas longtemps, parce qu'il veut la laisser à ses disciples ^. 11 se réserve pour sa mission auprès des Juifs, à laquelle ce séjour accidentel et très court chez les Samaritains ne porte aucun préjudice. Ces subtilités sont étrangères à la pensée de l'évangéliste, qui se propose de montrer, dans la première conquête de l'Évangile en dehors d'Israël, un gage et une prophétie de l'avenir. La courte durée du séjour témoigne d'une sorte d'égard à la tradition synoptique, que l'auteur n'entend pas contredire, bien qu'il paraisse la compléter et la rectifier. Jésus ne reste pas en un lieu où -il est considéré comme le Sauveur du monde, parce qu'il n'est pas dans l'ordre de la Providence qu'un prophète soit honoré chez lui, ni que la gloire du Verbe incarné, bien qu'elle se manifeste au cours de sa vie mortelle, soit reconnue de tous avant sa mort.

Les Samaritains croient en Jésus sans avoir vu ses miracles, comme croiront plus tard les Gentils. Bien que l'auteur ne le dise pas expressément, son intention est qu'on l'entende ainsi. 11 est bien vrai que, dans les paroles adressées à la femme parles convertis, c'est le récit de la Samaritaine qui est comparé à l'enseignement du Christ; mais le récit est miraculeux, et l'enseignement se trouve en contraste implicite avec les miracles dont il est question partout

\ . Matth. X, 5.

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