‹ Le quatrième évangileChapitre 300 sur 857 · Maldonat, II · texte numérisé non relu

Maldonat, II

:i. B. Weiss, 182; Sciianz, 219.

LA SAMARITAINE

où Jésus s'adresse aux Juifs. Ce contraste n'a pas été exprimé, parce que les choses parlent assez d'elles-mêmes. On s'accorde k reconnaître que la formule : « Sauveur du monde », est dans le style de l'évang-éliste =. Ce ne doit pas être par inadvertance que cette formule est substituée au nom de Christ ou de Messie, mais bien parce que le Sauveur auquel croient les convertis de Sychar, le Sauveur objet de la vraie foi, n'est pas le Messie que soupçonnait la femme. C'est le vrai Sauveur du monde, non le Messie que les Juifs rêvent d'avoir pour roi, ou celui que les Samaritains attendent pour restaurer le culte du Garizim.

On a voulu expliquer toute cette histoire par un simple travail de réflexion et de combinaison allégorique sur les données des Synoptiques et des Actes On observe que Ton rencontre des puits et des sources dans beaucoup de vieilles histoires orientales et dans certains récits de l'Ancien Testament; qu'il est question des Samaritains dans les ouvrages de Luc ^, et que la narration johannique suppose la connaissance de ces écrits; que cette narration, où est formulé dans toute son ampleur le programme du christianisme universel, correspond en quelque façon au discours sur la montagne ; que Sichem est un endroit bien choisi pour un tel exposé, à cause des souvenirs qui s'y^rattachent ; que la symétrie du dialogue atteste l'artifice de la composition, par l'appel successif au cœur, à la conscience, à la raison de la Samaritaine. Tous ces rapprochements et ces remarques, sauf la dernière, sont fondés et contribuent à l'intelligence complète du texte; mais ils ne suffisent peut-être pas à expliquer l'origine du récit évangélique, si l'on n'admet que la combinaison de ces données s'est faite comme d'elle-même dans la pensée de l'auteur, qui voyait en esprit ce qu'il raconte comme histoire.

Quant à la réalité substantielle du fait, elle n'est pas soutenable, à moins qu'on ne conteste toute signification au témoignage des Synoptiques, des Actes, et même de saint Paul, en ce qui regarde le ministère du Christ. Il est admis par toutes ces autorités que Jésus n'a jamais prêché qu'aux Juifs et qu'il ne leur demandait pas de croire à sa qualité de Messie, mais au prochain avènement du royaume des cieux. Ce que Jean nous présente n'est pas

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