‹ Le quatrième évangileChapitre 304 sur 857 · JÉSUS EN GALILÉE · texte numérisé non relu

JÉSUS EN GALILÉE

un sens particulier qu'on ne sait pas retrouver. Les commentateurs admettent volontiers que le mot « patrie » n'est pas à prendre dans le sens strict de « pays (ville ou villag-e) natal » ; ils j^ensent aussi que l'évang'éliste a mis la parole dans la bouche de Jésus, comme si elle exprimait une chose extraordinaire, presque déconcertante , qu'il n'aurait pas osé dire de lui-même . Dans ces conditions, puisque le Christ vient de recevoir àSychar l'honneur qui lui convient en qualité de Sauveur du monde, pourquoi le passag-e ne signifîerait-il pas que Jésus a quitté ce lieu oii il était vraiment honoré, parce que, selon sa propre déclaration, il n'est pas conforme à la règle commune, ou plutôt à la volonté de la Providence, qu'un prophète soit honoré dans son pays ? Est-il si invraisemblable que la patrie de Jésus désigne les trois provinces de Judée, Samarie et Galilée ; que l'honneur rendu au Sauveur par les bons Samaritains, qui figurent la conversion des Gentils, soit présenté comme n'appartenant pas normalement au Christ, tant qu'il est dans « son pays », c'est-à-dire, au fond, pendant son ministère, et que, pour cette raison, il quitte la Samarie, oi^i il ne reviendra jamais, pour s'adresser désormais aux Juifs de Galilée et de Judée qui ne le recevront pas comme il faudrait? Doit-on s'étonner que la sentence des Synoptiques ait été tournée en symbole, et ne doit-on pas, au contraire, s'attendre à ce qu'il en soit ainsi? L'emploi large du mot <( patrie » se justifierait aussi bien pour la Palestine entière que pour la Judée ou la Galilée, et celui du verbe simple : « il n'a pas i » pour : « il ne doit pas avoir d'honneur », est autorisé par d'autres exemples La forme de la sentence est un peu mystérieuse ; mais l'évangéliste avait parfaitement conscience du symbolisme qu'il introduisait dans la sentence traditionnelle. L'application de ce proverbe au Christ correspondrait à l'assertion du prologue : « Il est venu chez lui, et les siens ne l'ont pas reçu » La confusion résulte de ce que la perspective idéale du Christ reçu par les Gentils, figurés dans les convertis de Samarie, se mêle, dans le quatrième Evangile, avec la perspective de Jésus repoussé par ses concitoyens.

Il n'y a pas lieu d'alléguer, contre l'explication qui vient d'être proposée, ce qui se lit ensuite : « Lors donc qu'il arriva en Galilée,

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