Cf. II, 10 ; III, 34; vi, 47 ; viii
les Galiléens le reçurent » ; car Févang-éliste fait une différence entre cette réception et l'honneur dû à Jésus. L'honneur ne lui a été rendu que par les Samaritains. Les Galiléens l'accueillent à cause des miracles qu'ils ont vus à Jérusalem ; ils sont de ceux qui ont cru seulement à cause des prodiges et à qui Jésus ne se confie pas, sachant bien ce qu'il y a en eux Nonobstant cette faveur apparente, Jésus ne vient en Galilée que pour n'y être pas compris du grand nombre, selon la loi de son ministère. Ce qui doit frapper ici le commentateur, c'est le rapport du quatrième Évangile avec les Synoptiques. On vient de lire une parole du Christ qui, dans les trois premiers Evangiles, sert à expliquer le mauvais accueil qu'il a trouvé dans son pays, à Nazareth : cette parole est interprétée ici dans une sorte de sens spirituel, qui fait d'une simple remarque historique une loi providentielle. Maintenant Tévangéliste déclare que Jésus fut bien accueilli en Galilée, quoi qu'il n'y ait pas trouvé le genre de foi qu'il demandait. La transformation de la donnée synoptique n'est pas moins instructive que celle du sens attribué au proverbe cité par Jésus. Elle montre que le quatrième Evangile n'a pas la prétention de compléter les autres ou de les rectifier au point de vue historique, mais de les traduire au point de vue de sa théologie. On peut dire que Jean parle des Galiléens en général et de leur attitude à l'égard du Sauveur pendant cette période nouvelle de son ministère ; mais il faut bien admettre aussi que Taffaire de Nazareth est au fond de sa pensée, et qu'il la métamorphose en une proposition générale qui, prise en rigueur d'histoire, serait la négation de l'incident qu'elle remplace. Rien n'est moins conforme à l'esprit du récit que de mettre l'accueil des Galiléens en opposition avec celui que Jésus avait trouvé à Jérusalem -, puisque l'évangéliste prend soin de montrer que les Galiléens étaient dans les sentiments de Nicodème et des autres qui avaient vu les miracles opérés pendant la dernière Pâque. L'accueil fait au Sauveur à Jérusalem n'a pas été présenté comme défavorable ; et celui des Galiléens n'est pas donné comme parfait. Si les quelques versets où est appréciée l'attitude des Galiléens à l'égard de Jésus semblent manquer de précision et de cohésion, c'est parce qu'on y veut sousentendre les récits des Synoptiques, sur lesquels se fonde, en réalité,