IV
deux récits qui ouvrent les deux séries. On trouve de part et d'autre un fait g-aliléen, suivi de faits et discours hiérosolymitains ou judéens qui lui servent de commentaire. De même que la sig-nifîcation du premier miracle, le changement de l'eau en vin, est comme expliquée par l'expulsion des vendeurs, le discours à Nicodème, le second témoignage de Jean, l'entretien avec la Samaritaine, ainsi, celle du second miracle, la guérison de Gapharnaûm, sera comme interprétée par la guérison de Béthesda et le discours qui s'y rattache, par la multiplication des pains et le discours sur le pain de vie. Le thème de la première série était la régénération spirituelle ; le thème de la seconde est la vivifîcation spirituelle, en attendant l'illumination, la résurrection, la consommation, autant de tableaux qui se succèdent, non comme les parties logiques d'un plan rigoureusement conçu, mais comme l'illustration des symboles familiers à l'auteur et opposés par lui aux sectateurs de Jean- Baptiste, aux Juifs, aux hérétiques de son entourage. Il a donc mentionné par deux fois Gana pour un motif didactique, raison symbolique ou facilité d'exposition, plutôt qu'en partant d'une tradition historique ; il n'en dit pas plus sur les raisons qui ont amené Jésus en cet endroit pour la seconde fois que sur celles qui l'y avaient conduit la première ^ Dans le second cas comme dans le premier, l'instruction contenue dans le fait galiléen reçoit son illustration à Jérusalem, au lieu que dans les Synoptiques, la majeure partie de l'Evangile est prêchée en Galilée. Si l'évangéliste n'a pas discerné uniquement la Judée dans le mot (( patrie » appliqué à Jésus, il semble néanmoins avoir considéré Jérusalem comme le vrai lieu des prophètes et du Messie ; et sans doute a-t-il eu aussi un intérêt polémique à présenter les choses de cette manière
Jésus donc, étant venu pour la seconde fois à Gana de Galilée, un homme de Gapharnaûm dont le fils était dangereusement malade, l'alla trouver pour lui demander la guérison de cet enfant. L'homme est qualifié de « royal ^ », sans autre indication, et l'on admet volontiers que le mot signifie, dans notre Evangile, un officier de roi, fonctionnaire de palais, ou chef militaire. 11 s'agirait d'un officier d'Hérode Antipas, que l'on pouvait bien appeler roi dans le langage