‹ Le quatrième évangileChapitre 308 sur 857 · V. 46. Ti; (jaaiXizoç · texte numérisé non relu

V. 46. Ti; (jaaiXizoç

l'officier de capharnaûm

commun, bien que Rome ne lui eût conféré d'autre titre que celui de tétrarque. Tel paraît être le sens littéral du mot ; mais l'évangéliste pourrait bien l'avoir choisi avec une arrière-pensée qui échappe à ses interprètes. Puisque le personnag-e est typique, le choix du nom peu commun dont on se sert pour le désigner a chance d'être intentionnel et réfléchi. La leçon occidentale : <( petit roi ^ », n'est pas acceptée par les critiques.

L'officier avait appris le retour de Jésus : on peut croire qu'il connaissait les miracles accomphs par lui à Jérusalem, et que, voyant son fils sur le point de mourir, il s'était empressé de venir chercher le Sauveur à Cana. Jésus se plaint que Ton demande ainsi des miracles pour croire. Le reproche ne vise pas que le suppliant, mais plutôt les Galiléens en général, parmi lesquels on doit comprendre Tofficier de Gapharnaûm. Celui-ci, tout à sa douleur, ne comprend pas la portée de ce blâme, et il ne l'entend pas comme un refus définitif. De même que la mère du Christ, quand sa prière a été rejetée, dit aux serviteurs de se tenir prêts -, comme si elle était assurée du miracle qui va se faire, l'ofTicier insiste pour que Jésus vienne, comme s'il ne doutait pas de la guérison. Et de même que le Sauveur, après avoir paru désapprouver l'intention de sa mère, change aussitôt l'eau en vin ; ainsi, dans cette occasion, il guérit le malade, austôt après s'être plaint qu'on lui demande de le secourir. Mais, cette fois, le miracle s'accomplit à distance ; Jésus ne se dérange pas ; il afïirme que l'enfant est guéri, que l'enfant, qui allait mourir, est bien « vivant », pour que l'olïicier « croie à sa parole ^ )>. Il y croit, en effet, et il s'en va, ne songeant plus à demander que Jésus l'accompagne. C'est évidemment cette foi, fondée sur la parole, non sur des miracles, que l'évangéliste entend recommander. La jDarole du Christ fait le miracle, et il doit y avoir un rapport intime entre cette parole qui guérit et la prière du centurion dans les Synoptiques : (( Dis-le seulement, et mon enfant sera guéri » Cette même parole fera sortir Lazare du tombeau. La parole de Jésus est une parole vivifiante. Il n'y a pas lieu de discuter les opinions rationalistes ou semi-rationalistes qui voient dans la déclaration du Christ

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