Voir siipr. p. 2G
l'officier de capharnaûm
s'en va dès que Jésus lui a g-aranti la g-uérison de son fîls, et il prend sans retard le chemin de Capharnaûm ; les serviteurs se sont mis de même en route aussitôt après la guérison du jeune homme ; ils ont marché autant que leur maître ; enfin il est arbitraire de compter ici l'heure à la façon romaine, puisque l'évang-éliste compte ailleurs à la façon juive, et il ne l'est pas moins de remplacer le lendemain par le soir, vu que le lang-age ordinaire ne suit pas la computation liturgique. La durée du temps n'est pas en proportion avec la distance giéographique. Reste à savoir si l'évang-éliste a eu quelque souci de l'une et de l'autre. Ce qui lui importe est la coïncidence de la guérison avec la parole de Jésus, coïncidence attestée par la rencontre, à mi-chemin, du maître et des serviteurs, qui sont partis à peu près simultanément, ceux-ci de Capharnaûm, celui-là de Cana. L'évangéliste n'a pas augmenté fictivement la distance pour faire valoir le miracle, mais il a pu déterminer le jour et Theure pour l'expression concrète et symbolique de la coïncidence qui est le nœud du récit. En tout cas, il ne donne pas ces indications comme des circonstances réelles, mais plutôt comme des circonstances interprétatives du miracle. La « septième heure » et la « veille » pourraient bien n'être pas que des éléments chronologiques. Sept est le nombre parfait, qui convient pour un miracle où est figurée l'œuvre salutaire du Christ ; mais comme cette œuvre ne s'est accomplie que par la conversion du monde païen, il n'est pas étonnant que Jean ait allongé Fintervalle qui sépare Jésus du malade et le temps écoulé entre la parole du Christ et la vérification du miracle.
L'ofïîcier « crut, ainsi que toute sa maison ». Il paraît contraire à l'esprit du récit que tous croient à cause du miracle accompli ^ ; car l'officier a cru d'abord au miracle sur la parole de Jésus ; il a « cru à la parole » ; les témoins du miracle, qui ne croyaient pas en Jésus avant le retour du maître, et le fils de TofTicier n'ont pas cru non plus à cause du miracle même, en tant qu'il avait été fait par Jésus, mais à cause de « la parole ». Il est donc oiseux de se demander s'ils croyaient au Messie - ; ils croyaient en Jésus sur sa parole. C'est la parole du Christ comme telle, non le miracle, non pas même la coïncidence extraordinaire de la parole et du