‹ Le quatrième évangileChapitre 311 sur 857 · SCHANZ · texte numérisé non relu

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miracle, qui est le fondement de leur foi. Ils croient, ou ils représentent ceux qui croient à la vie donnée par Jésus, à la vie éternelle qu'il apporte, sans que l'expérience des miracles soit un argument indispensable et comme l'aliment de cette foi, bien qu'elle en ait été l'occasion matérielle et la preuve extérieure. Cette guérison, observe-t-on, fut le second miracle que Jésus fît à Gana; et c'était la seconde fois ^ qu'il faisait un miracle en arrivant de Judée en Galilée

Dans le premier Evangile 2, la guérison du jeune homme de Gapharnaûm est le second miracle que I on raconte en détail après le discours sur la montagne. Mais cette circonstance n'a pas dû déterminer la place que Jean assigne à la guérison du fils de l'officier royal. Beaucoup d'interprètes modernes, après saint Irénée et d'autres anciens, admettent l'identité des deux miracles. Le fond des récits est le même, et, pour ce qui est de la forme et des détails, les différences s'expliquent par le procédé littéraire familier à l'auteur du quatrième Evangile, à savoir la transformation et l'interprétation des données antérieures. Les divergences, qui existent déjà entre Matthieu et Luc, ne seraient un argument décisif que s'il s'agissait de textes rigoureusement historiques. Il ne sert donti à rien de dire que l'officier royal paraît être un Juif, tandis que le centurion de Gapharnaûm est un païen ; que Jésus est à Gapharnaûm quand il guérit le serviteur du centurion, tandis qu'il est à Gana lorsqu'il guérit le fils de l'officier; qu'il arrive delà montagne, dans les Synoptiques, et de la Judée, dans le quatrième Evangile; qu'il est question, dans Matthieu et dans Luc, d'un serviteur malade, tandis que Jean parle d'un fils; que l'officier demande à Jésus de venir, tandis que le centurion prie Jésus de faire le miracle sans se déranger; que la foi du centurion est louée, tandis que l'officier est plutôt blâmé d'avoir demandé un miracle; que, si l'auteur du quatrième Evangile avait voulu recommander la foi sans miracles et sur la parole de Jésus, il n'avait qu'à suivre Matthieu ^. Tout le raisonnement part de ce faux supposé, que l'évangéliste aurait scrupule

4. V. 54. TOUTO 7:àXiv ôeutepov arnj-cïov £7:oi7]a£v ô 'Irjaou; IXOfov v/. t^ç 'louBaia; eî; TTjv ra)aXatav. L'adverbe TiaXiv se rapporte au verbe ÈTioiriasv, et l'adjectif Beuxepov se réfère au miracle de l'eau chang-ée en vin. Cf. n, 11.

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