SciiANz
l'officier de CAPIIARNAiiM
d'accommoder à son but spécial le récit traditionnel qu'il a choisi en vue de ce but.
Pour quiconque a bien saisi la façon dont l'expulsion des vendeurs a été retravaillée par Jean, les transformations subies par l'histoire du centurion n'ont rien d'extraordinaire, et même cette histoire apparaît comme le thème d'où notre narration dogmatique a été extraite par voie d'adaptation. Quant aux détails, il n'est pas évident que l'officier royal soit un Juif : c'est un Galiléen, ou du moins un homme qui a les mêmes dispositions que le commun des Galiléens ; mais rien n'invite à voir en lui un Juif de Galilée ^ ; il semble plus conforme à l'esprit du quatrième Evangile de voir en cet homme un prosélyte, un homme qui a la foi des Galiléens, sans être de race juive, et qui se trouve ainsi capable de représenter la foi galiléenne en figurant la conversion des Gentils. On ne doit pas oublier que, dans Luc, le centurion est un homme important, qui aime les Juifs et qui a fait bâtir une synagogue. Le quatrième Evangile fait valoir la dignité du personnage : si ce n'est pas un parent de roi, c'est un officier de roi. La leçon occidentale qui fait de lui « un roitelet », un petit prince, n'est peut-être pas si mauvaise qu'on le croit généralement. Il s'agirait de quelque païen de noble origine, favorable aux Juifs, comme le centurion de Luc. Les circonstances de lieu et de temps ne sont pas à considérer de trop près. On sait que Matthieu et Luc diffèrent entre eux sur un point très important du récit : dans le premier Evangile, c'est le centurion lui-même qui vient trouver Jésus; dans le troisième ce sont les anciens des Juifs qui viennent à sa place. Luc parle d'un serviteur, mais le récit de Matthieu peut s'entendre d'un fils ; et il est assez probable qu'il était question d'un fils, non d'un serviteur, dans la source commune de Matthieu et de Luc. Les autres différences tiennent au point de vue du quatrième Evangile, où Jésus fait quelquefois des miracles qu'on ne lui demande pas, mais se plaint toujours de ceux qui lui en demandent, sauf à les faire ensuite, de sa propre initiative, plus grands qu'on ne s'y attend. La première réponse à la prière de l'officier royal est comme un écho de la parole de mécontentement que Jésus dit, dans les Synoptiques-\ lorsqu'on lui amène l'enfant possédé que ses disciples