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Godet, B. Weiss, Schegg, Schanz, etc

LE PARALYTIQUE DE HÉÏHESDA

d'autre fête que celle de Purim (14 et 15 adar), un mois avant la Pâque. Mais il n'est pas autrement certain que cette fête eût grande importance en Palestine au temps de Jésus ; c'était à peine une fête religieuse, et ce n'était pas une fête du temple; or il est évident que la fête est l'occasion du voyage entrepris par le Christ. On ne peut songer qu'à Tune des trois fêtes légales, et si la fête n'a pas été nommément indiquée par l'évangéliste, à la Pâque seule, la grande fête juive ^. D'ailleurs, la Pentecôte et la fête des Tabernacles, qui auraient dû être désignées par leur nom, donneraient lieu au même inconvénient que la Pâque pour la fixation de la chronologie ; car il faudrait toujours supposer une Pâque entre le séjour à Samarie et le voyage à Jérusalem. Cet inconvénient n'est pas réel, parce que le cadre chronologique du quatrième Evangile n'est qu'une donnée symbolique, et que l'auteur ne se soucie pas de le remplir, bien qu'il ait voulu en tracer nettement les divisions. Pour lui, un discours garnit aussi bien tel compartiment que pourrait le faire un récit, et un petit nombre de faits suffisait pour y attacher l'enseignement qu'il tenait à répandre. L'espèce de lacune qui offusque les commentateurs n'existe que dans leur pensée. Il est possible que la Pâque ait été mentionnée d'abord expressément dans notre passage -, et qu'on ait éliminé le mot, comme on avait éliminé, dans beaucoup d'exemplaires, toute la phrase concernant la Pâque du chapitre vl La restitution du mot ne s'est pas faite, parce qu'il ne s'agissait que d'un mot, et peut-être aussi parce qu'on y aura trouvé plus de difficultés qu'à la restitution ou au maintien de l'indication annexée au récit de la multiplication des pains.

La piscine de Béthesda est une autre croix des interprètes. Non seulement le nom présente des variantes notables d'écriture dans les manuscrits '% mais le texte entier de la phrase où le nom se ren-

1. On objecte que l'évangéliste a coutume de nommer la fête ; mais cet argument tend simplement à prouver que le mot « Pâque » a dû exister d'abord dans le texte. Ce qui est tout à fait contraire aux habitudes de l'évangéliste est une indication indéterminée comme : « Il y avait une fête des Juifs. »

2. Peut-être lisait-on d'abord t6 rocaya twv 'louBat'ojv, comme dans ii, 13, et aura-t-on substitué îop-ct] à x6 r.âiya. Cf. supr. p. 384, n. 2.

3. BïjOscyôà (AC), BrjOÇaOâ (^x L), Br]Oaa'.oà (B). On suppose volontiers que les deux dernières lectures ont été substituées, en qualité de noms connus, à la première. Bethzatha ou Bethzelha [Bezelha) est dans Josèphe le nom d'un quartier de Jérusalem (quartier neuf) au nord de la colline du temple. C'est de

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LE QUATHIÈME ÉVANGILE

contre est incertain et obscur. Des témoins autorisés ont la leçon suivante ^ : « Or il y a, dans Jérusalem, à la (porte?) des Brebis, une piscine, celle (qui est) surnommée en hébreu Béthesda (Bethzatha?) ayant cinq portiques. » La porte des Brebis est connue par le livre de Néhémie^; mais comme le mot « porte » n'a guère pu être sous-entendu, on propose de rectifier la lecture et son interprétation, soit en cette forme : « Or il y a dans Jérusalem, à la piscine ^ des Brebis, la (piscine) surnommée en hébreu Béthesda (?), qui a cinq portiques », soit, en suppléant un autre mot à la fin : « la 'construction ^) surnommée en hébreu Béthesda. » Aucune de ces hypothèses n'est absolument satisfaisante, et Ton peut se demander si la leçon d'autres témoins respectables : « Or il y a, dans Jérusalem, la piscine des Brebis, celle qu'on nomme en hébreu Béthesda (?), qui a cinq portiques ^ », ne vaudrait pas autant. Elle a contre elle sa facilité. Sur l'emplacement et l'identification de cette fontaine, les commentateurs ne s'accordent pas, et il n'est pas utile de discuter ici leurs conjectures Ils font observer que la construction élevée au-dessus de la piscine formait probablement un pentagone. Les anciens qui croyaient trouver dans la source un symbole du judaïsme, et dans les cinq portiques une allusion aux cinq livres de la Loi ^, rencontraient sans doute la pensée de l'évangéliste. Certains

ce côté que la tradition met la piscine. Était-il assez connu pour se substituer à Béthesda^ si ce dernier nom était primitif? On a supposé aussi que Tévangéliste entendait donner le nom araméen de la « piscine des brebis », ainsi appelée sans doute parce q l'elle se trouvait près delà porte du même nom; et dans ce cas le nom original sera (BrjOas-cà (Holtzmann, 88). Cette hypothèse est assez vraisemblable; cf. ix, 7; xix, 13, 17. Il paraît superflu de discuter si le nom de Béthesda (NIDH IT'l), « lieu de miséricorde », vise la bonté de Dieu qui guérissait les malades (Schanz et autres interprètes), ou la charité des personnes qui avaient bâti le portique où ils s'abritaient (Ewald, B. Weiss).

1. V, 2. eaTiv 8è Iv toïç 'IspuaoXjjjLOi; ItzI (AD etc. Èv) tt] T^poSaxi-/.^ xoX'j(j.6r]'0pa, t] £7iiX£yo[JLivr] 'ESpaiaxi [37]0î^aOa ((SrjOe'jôa), tie'vts aïoà; syouaa. ABCD etc.

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