‹ Le quatrième évangileChapitre 32 sur 857 · Etudes critiques sur la Bible · texte numérisé non relu

Etudes critiques sur la Bible

5. <( Si Jésus parlait comme le veut Matthieu, il n'a pu parler comme le veut Jean. Entre les deux autorités, aucun critique n'a hésité ni n'hésitera — Cela ne veut pas dire qu'il n'y ait dans les discours de Jean d'admirables éclairs, des traits qui viennent vraiment de Jésus (par exemple iv. 1. et suiv., xv, 12 et suiv.). » Vie de Jésus introd. xxix-xxx.

6. (( Le canevas historique du quatrième Évangile est, selon moi, la vie de Jésus telle qu'on la savait dans l'entourage immédiat de Jean. J'ajoute que, d'après mon opinion, cette école savait mieux diverses circonstances extérieures de la vie du fondateur que le groupe dont les souvenirs ont constitué les Evangiles synoptiques. Elle avait, notamment, sur les séjours de Jésus à Jérusalem, des données que les autres Églises ne possédaient pas... Les derniers mois de la vie de Jésus en pai ticulier ne s'expliquent que par cet Évangile. » Op. cit., introd. lxxx, lxxvii. La défense de la tradition sur le séjour de l'apôtre Jean à Éphèse se Vd dans L'Antéchrist, 557-569.

7. « La longue vieillesse de l'apôtre put se terminer par un état de faiblesse où il fut en quelque sorte à la merci de son entourage. Un^secrétaire put pro-

INTRODUCTION

soutint que Tapôtre était mort assez longtemps avant l'apparition de rÉvangile, l'auteur avait seulement exploité sa mémoire et tiré parti de son enseignement ^ ; cet auteur pourrait être Jean TAncien, le maître de Papias, à moins que ce ne fût Gérinthe ^. Renan continuait cependant à maintenir la venue de Tapôtre Jean à Ephèse et à lui attribuer, avec les principaux représentants de Técole de Tubingue, la composition de TApocalypse. Les raisons qu'il oppose à Keim sont prises des premiers chapitres de ce livre, d'où il résulte que l'auteur a vécu en Asie mineure, de la lettre dlrénée à Florinus et de celle de Polycrate au pape Victor. Mais la question est de savoir si TApocalypse a été rédigée en 68, et si le Jean qui l'a écrite est Tapôtre de ce nom; si Irénée n'a pas pu confondre aisément Jean l'Ancien, maître de Polycarpe et de Papias, avec Tapôtre Jean, et si Polycrate n'a pas fait de même en identifiant Jean d'Ephèse avec l'apôtre et l'auteur du quatrième Évangile. Le passage où Polycrate parle du « prêtre portant la lame d'or » est pour Renan « la preuve que l'apôtre fut en Asie le chef du parti judéochrétien ». On reconnaît aujourd'hui que si ce passage prouve quelque chose, c'est qu'un travail légendaire s'était fait sur la mémoire de Jean d'Ephèse au cours du second siècle. Bien chétive aussi est la critique qui conteste toute base traditionnelle aux discours et qui en retient une pour le cadre historique et pour les récits. Faits et discours se tiennent dans l'œuvre johannique; la doctrine entre dans les récits, et les récits font partie de la doctrine; l'histoire n'est pas construite à côté de l'enseignement, ni l'enseignement conçu à côté de l'histoire; les deux se pénètrent et sont inséparables. Il est impossible aujourd'hui de lire sans étonnement le plaidoyer que contient l'appendice à la Vie de Jésus^ en faveur de la prétendue tradition johannique : le caractère symbolique des récits y est méconnu avec persévérance; on croit rêver quand on lit l'explication du miracle de Lazare ^ et la façon dont est prouvée la supériorité de Jean sur les Synoptiques,

fiter de cet état pour faire parler selon son style celui que tout le monde appelait par excellence « le Vieux », ô TipsaSurspo;. » Renan pensait alors que l'existence d'un Jean l'Ancien, distinct de l'apôtre avait été « imaginée pour la commodité de ceux qui, par des scrupules d'orthodoxie, ne voulaient pas attribuer l'Apocalypse à l'apôtre. » Vie de Jésus, introd. lxxii-lxxui.

1. L'Eglise chrétienne, 46-52. Là Renan admet que Jean l'Ancien est un autre personnage que l'apôtre. Du reste l'Ancien aurait écrit au nom de l'apôtre, vers 125.

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