‹ Le quatrième évangileChapitre 33 sur 857 · Op. cit · texte numérisé non relu

Op. cit

3. Vie de Jésus, 372-375. La résurrection de Lazare serait un faux bruit ou une fraude qu'on devrait imputer à la famille de Béthanie, peut-être au Sauveur lui-même. On lit, p. 508 : u Notre Évangile est dogmatique, je le reconnais, mais il n'est nullement allégorique. »

pour les récits concernant les derniers temps du ministère de Jésus, la passion et la résurrection.

Dans ces dernières années, les opinions les plus diverses ont continué d'être soutenues, et la question du quatrième Evangile paraît loin d'être vidée. Un essai d'explication du livre tout entier, jusque dans ses détails chronologiques et géographiques, comme une allégorie où Ton devrait retrouver la doctrine philonienne du Logos, a été proposé par Thoma ^ Un chrétien d'origine judéo-alexandrine, écrivant après l'an 134, aurait tiré des Synoptiques, de l'Ancien Testament, des écrits de Philon, de l'histoire apostolique, des Epîtres de Paul, des tableaux de l'Apocalypse, une grande allégorie doctrinale qui serait à expliquer par Philon. Thèse beaucoup trop absolue, bien qu'on en ait poursuivi la démonstration avec une rare ingéniosité : quelque part que l'on fasse à l'influence philonienne, l'Evangile johannique est un document chrétien, dont le symbolisme n'a pas pour objet une doctrine philosophique, mais le fait chrétien en luimême, la mission du Christ et sa vie dans l'Eglise.

Jacobsen ^ veut établir la dépendance de Jean à Tégard des Synoptiques, principalement de Luc, qui auraient été exploités au profit de la théorie du Logos, combinée avec les idées pauliniennes de la prédestination et de la mort expiatrice du Christ. Pfleiderer ^ voit dans le quatrième Evangile un produit de l'hellénisme chrétien, sans aucun lien avec l'histoire réelle de Jésus ; l'auteur, qui écrivait vers Tan 140, aurait identifié le rédacteur de l'Apocalypse avec l'apôtre Jean, et, par le rapport où il se mettait avec le premier, occasionné sa propre identification avec le second; ainsi serait née la tradition éphésienne. La date de 140 est trop tardive, puisque Justin, vers l'an 150, attribue l'Apocalypse à l'apôtre Jean, et que déjà Ignace d'Antioche, quarante ans avant Justin, est influencé par la théologie johannique.

Brandt nie également que l'auteur du quatrième Evangile ait eu d'autres sources que les Synoptiques : c'était un grand poète qui ne mettait pas de diff'érence entre ses visions et la vérité de l'histoire; il voulait substituer un christianisme plus spirituel au régime ecclésiastique qui s'établissait par la tradition de Pierre; le dernier chapitre, où l'on rend hommage au prince des apôtres, empêcha de remarquer cette tendance, et la déification du Christ agréait à tous; en se représentant lui-même dans le personnage du disciple bien-aimé, et en se donnant pour un témoin oculaire des faits évangéliques, cet écrivain a montré, sinon

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