‹ Le quatrième évangileChapitre 321 sur 857 · Schanz, B. Weiss · texte numérisé non relu

Schanz, B. Weiss

5. On suppose volontiers (jue cette question remplace et résume un discours mieux approprié à la circonstance (Maldonat, Sclianz). Les exégètes protestants disent à l'envi qu'elle a pour objet d'éveiller le minimum d'attention et d'espérance nécessaire pour que Jésus exerce sur le malade sa puissance miraculeuse (B. Weiss, Holtzmann).

LE PARALYTIQUE DE BÉTHESDA

par un autre infirme, capable de marcher, ou assez riche pour se faire porter au bon endroit. Il ne faut pas trop demander comment le paralytique n'a pu trouver depuis trente-huit ans une occasion favorable : les anciens commentateurs éludaient volontiers cette difficulté en admettant que le mouvement de l'eau ne se produisait que très rarement, peut-être une fois Tan^. Explication inacceptable, vu que l'afïluence des malades est continuelle et que le bouillonnement de la source est plutôt censé fréquent, au moins quotidien, bien qu'il ne soit pas à heure fixe. La vraie solution est à chercher dans le caractère symbolique du récit. Le paralytique devait être guéri par le Christ : il y a une paralysie invétérée que Jésus seul peut guérir ; car lui seul rajeunit, régénère l'humanité par le don de la vie éternelle. Le judaïsme était comme cette fontaine qui ne guérissait qu'un malade à la fois, si tant est qu'elle le guérît, pendant que tous les autres attendaient. Ainsi l'homme n'a fait qu'avouer son infirmité.

Jésus lui dit : « Lève-toi, prends ton lit et va-t-en. » El le paralytique, à l'instant, se lève, prend son lit et part, sans savoir qui vient de lui rendre la santé. Le miracle s'opère si rapidement qu'il n'y a pas lieu d'analyser les impressions de celui qui en est l'objet, ni de 23lacer sa foi à la parole de Jésus comme intermédiaire entre cette parole et la guérison Le prodige est effectué par la parole du Sauveur dans l'instant même où il la prononce. L'homme reçoit un ordre qu'il exécute ; en l'accomplissant, il constate qu'il est guéri. C'est le fait, le miracle, qui intéresse l'évangéliste, non les sentiments du paralytique. Le fait est rapporté parce qu'il est significatif. Si l'auteur voulait tirer quelque leçon des sentiments de l'homme, il aurait soin d'en parler.

Les critiques ont remarqué que les paroles adressées par Jésus au paralytique de la piscine sont à peu près les mêmes que celles qu'il dit, dans les Synoptiques, au paralytique de Capharnaùm -', et plusieurs ^ pensent qu'il s'agit du même miracle, transporté à Jérusalem par l'auteur du quatrième Evangile, pour lui donner plus de relief. Le motif indiqué paraît moins solide que l'hypothèse ; car, si la

1. Opinion de plusieurs Pères, qui mettent cette descente annuelle de Tange le jour de la fête dont il est question au début du récit.

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