B. Weiss, Holtzmann
Pour le faire connaître, Thomme n'a eu qu'à le montrer à ceux qui l'avaient d'abord questionné. La seconde rencontre du paralytique et de Jésus a évidemment pour objef d'amener le Sauveur en contact avec les autorités du temple, et d'introduire le discours qu'il va prononcer sur son œuvre, sur le témoignage de Jean et le véritable sensde la Loi. Les commentateurs cherchent pourquoi il avait voulu s'éclipser dans la foule aussitôt après la guérison du paralytique : on présume que c'était pour éviter l'éclat du miracle ou bien pour échapper au conflit - qui devait se produire, malgré cette précaution, un peu plus tard. Cependant la présence de la foule autour de la piscine ne semble avoir été relevée que pour expliquer comment le paralytique a pu perdre de vue celui qui l'avait guéri, et ce n'est pas avec la foule que Jésus avait à craindre un conflit. La première raison est donc seule acceptable -^, si tant est que le vrai motif ne soit pas dans l'intention de préparer la rencontre de l'homme guéri, des chefs du sacerdoce et de Jésus lui-même.
Sur l'entrefaite, après que l'homme a eu cette conversation avec les chefs des Juifs, Jésus le « trouve » dans le temple. L'incident est fortuit en apparence, providentiel au fond. Le Christ adresse la parole à celui qu'il avait guéri, et qui, tout naturellement, le reconnaît. Comme, dans les Synoptiques, Jésus a déclaré au paralytique, avant de le guérir, que ses péchés étaient remis, la rémission des péchés est aussi présupposée, dans le quatrième Evangile, à la guérison : (( Te voilà guéri. Ne pèche plus, de peur qu'il ne t'arrive quelque chose de pire. » Ainsi, disent les commentateurs, les péchés du paralytique sont présentés comme ayant été la cause de son infirmité ; mais c'est bien plutôt qu'ils la constituent, étant aussi étroitement liés avec elle que le serait une rechute avec la punition terrible qui en serait la conséquence. Ce ne doit pas être en tant qu'individu que le paralytique a péché, mais en tant que personnification d'Israël ^. Peut-être est-ce parce que sa maladie est le péché, qu'il n'a pas été question de péché avant le miracle ; il en est parlé maintenant pour laisser entrevoir la signification du récit symbolique. Il ne faut plus que l'homme pèche