Cf. IX
LE PARALYTIQUE DE BÉTHESDA
s'il ne veut s'exposer à tous les maux ; son nouvel état serait pire que le premier et pourrait fort bien ne pas comporter de guérison K Jésus guérit les hommes pour qu'ils soient des saints ; s'il les affranchit de la Loi, ce n'est pas pour les livrer au péché 2.
L'homme aussitôt va dire aux Juifs que c'est Jésus qui l'a guéri. Sujet de perplexité pour les interprètes, qui se demandent pourquoi il risque ainsi d'exposer son bienfaiteur à la vengeance des gardiens de la Loi. On admet volontiers qu'il n'avait pas mauvaise intention, mais qu'il voulait se justifier devant l'autorité, supposant, comme fera plus tard l'aveugle-né, que celui qui l'avait guéri n'avait pu que bien agir en tout le reste. C'est lui prêter beaucoup de naïveté que de le juger conduit par l'espérance de gagner les Juifs à Jésus^. N'avait-il pas remarqué les dispositions hostiles des autorités? Les interprètes qui accusent le paralytique d'avoir montré, dans la circonstance, un excès de simplicité, ou bien de s'être laissé influencer par la crainte, n'auraient certainement pas tort, s'il fallait raisonner sur ces textes comme sur des données historiquement fermes. Il règne dans tout le récit un manque de précision qui n'est pas involontaire. Les démarches de l'homme, dont on a eu soin de dissimuler l'enchaînement, ne sont pas, en réalité, les actes d'un individu, et il ne faut pas trop en scruter les raisons psychologiques. Dans le cas présent, l'évangéliste n'a pas entendu présenter la déclaration du paralytique comme une délation, ni comme une excuse, ni même comme une justification, mais comme un témoignage rendu à Jésus devant les chefs du judaïsme ; si le témoignage est inutile, la faute n'en est pas à celui qui le rend, mais à ceux qui ne veulent pas l'entendre et en prennent occasion de persécuter le Christ. L'attitude de l'homme devant les Juifs est à peu près la même que celle des apôtres devant le sanhédrin, dans les Actes ; pareillement, l'attitude des Juifs à l'égard de Jésus est la même que celle du sanhédrin à l'égard du christianisme naissant^.
L'auteur dit que les Juifs persécutaient Jésus parce qu'il avait fait cette guérison le jour du sabbat. Comment une persécution a-t-elle pu trouver place entre la communication de