‹ Le quatrième évangileChapitre 327 sur 857 · Cf. AcT. III, 1-22 ; v · texte numérisé non relu

Cf. AcT. III, 1-22 ; v

l'homme et la parole que Jésus dit aux Juifs? On peut tordre la phrase évang-élique dans tous les sens, lui faire dire que les Juifs prirent Jésus pour objet de leurs poursuites ^, ou bien qu'ils eurent dès lors l'intention de le poursuivre -, on n'arrive pas à la faire tenir naturellement dans le cadre de l'incident rapporté, s'il ne s'agit que d'un incident. Il faut remarquer d'abord que l'on a ici un écho de la conclusion des histoires sabbatiques dans les trois premiers Evangiles où il est dit que les pharisiens, mécontents de ce que faisait Jésus, tinrent conseil entre eux pour le faire mourir. L'auteur du quatrième Evangile utilise cette indication dans son tableau symbolique, en lui conservant un caractère un peu vague, qui s'accorde bien avec le sens profond, sinon tout à fait avec la forme extérieure de la narration. Tout va bien, si derrière la circonstance jDrésente on voit la carrière du Christ et les débuts du christianisme.

Les Juifs sont fâchés de ce que Jésus fait « ces choses » le jour du sabbat : il ne s'agit pas seulement de la guérison, mais de l'ordre donné par rapport au lit, de la violation formelle, commandée, du repos sacré, ou plutôt il s'agit de l'abrogation de la Loi par Jésus, de l'abandon de la Loi par les chrétiens. Pour la continuité du récit, « la persécution » se trouve tenir la place d'une plainte ou d'un reproche adressé à Jésus lui-même, et le Christ (( répond » aux Juifs : « Mon Père agit jusqu'à présent, et moi aussi j'agis ^. » L'évangéliste n'explique pas cette parole, sur laquelle les Juifs ne font pas de réflexion. Il les montre scandalisés par les mots : « mon Père », qu'ils interprètent au sens de la théologie johannique. Voyant que Jésus, non content de violer le sabbat, veut se faire égal à Dieu, ils se confirment dans l'idée de le faire mourir. Cette indication vague, comme celle de « la persécution » précédente, ne sert pourtant que d'intermède dans le discours du Sauveur. N'est-il pas évident que l'écrivain opère avec des idées, des vues générales^ non avec des détails d'histoire? On ne saurait mettre une persécution et un complot dans le cours d'une conversation ordinaire.

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