Supr. cil. p. 394, n
4. V. 17, 6 rarrjp [j.oj iVo; apTi spyâretai, xàyo) £pya^o[j.aL. Ces paroles du Christ johannique répondent à Luc, xiii, 14 : rnxipai sîaiv èv afç ôsï Ipya^saGai.
LE PAUALYTIQUE DE BÉTIIESDA
Ce que Jésus dit d'abord sur le travail de son Père tend à ruiner le principe même de l'observation du sabbat. C'est un morceau de théologie johannique, non une parole que le Sauveur aurait textuellement prononcée dans une circonstance quelconque de son ministère. « Mon Père travaille toujours » : il ne faut donc pas prendre à la lettre ce que dit la Genèse ^ du repos de Dieu au septième jour, après Tœuvre de la création; Dieu ne se repose jamais; il n'a pas cessé d'agir depuis le commencement du monde jusque dans le moment présent, et sans doute il n'est pas èncore au point de se reposer; comme lui, le Fils qu'il a envoyé agit sans cesse pour accomplir sa mission, et il n'est pas plus tenu que Dieu même de s'arrêter le jour du sabbat dans cette œuvre- divine. Il n'est plus question du lit emporté, mais de la guérison avec toutes ses circonstances. Ce n'est pas motif pour supposer que la parole aurait été dite dans une autre occasion Si elle ne paraît pas s'adapter à la situation, c'est que cette situation même est mal définie, et que la dispute ne suit pas la ligne indiquée par le récit, mais la donnée des Synoptiques, où l'action de guérir, et non telle circonstance d'une guérison particulière, est présentée comme une violation du sabbat.
L'idée du travail incessant que Dieu opère dans le monde est une conception de philosophie religieuse qui est selon l'esprit de Jésus, mais qui n'a pu être formulée par lui à Jérusalem, en ces termes abstraits et diamétralement opposés à l'interprétation naturelle et reçue du texte mosaïque. Ces paroles vont-elles à présenter le sabbat comme une institution humaine et non obligatoire ou bien, conformément à certaines théories gnostiques, insinueraient-elles que la création et le sabbat sont l'œuvre d'un démiurge qui ne doit pas être identifié au Père ^ ; s'agirait-il de l'action conservatrice de Dieu ^, ou de son action surnaturelle dans l'ordre du salut par opposition à l'action créatrice? Il ne semble pas qu'aucune de ces hypothèses rencontre la pensée de l'évangéliste. Dieu ayant tout fait par son Verbe, il n'y a pas lieu d'amener ici le démiurge des