Les anciens Pères et les commentateurs catholiques
6. Meyer, Ewald ; Schanz, 239, joint cette idée à l'opinion précédente.
g-nostiques. Jésus dira bientôt que Moïse a écrit de lui ; il tient le Pentateuque pour un livre prophétique et divin. Il faut donc admettre que le récit de la Genèse et l'institution du sabbat sont de Dieu, mais qu'on les prend ici l'un et l'autre en un sens supérieur à celui qu'indique la lettre. Ce sens allég-orique est supposé, non expliqué dans le discours de Jésus. Quoique la formule : « jusqu'à présent », n'indique pas pour l'avenir un repos du Père, la g-uérison du paralytique étant j^résentée comme la dernière œuvre de Dieu et de son Verbe, il se pourrait que le sabbat de Dieu fût renvoyé à la fin des temps, et que la semaine créatrice dût s'entendre de la durée du monde actuel K Quant à la distinction de la création et de la conservation, ou de l'action surnaturelle de Dieu pour le salut des hommes, les paroles de Jésus l'excluent : l'action du Père est une sous ses diverses manifestations, ou plutôt Févang-éliste s'abstient d'y faire aucune distinction, parce qu'il la considère surtout dans son principe et dans son terme, qui sont uniques.
L'action du Fils est celle du Verbe incarné, de Jésus Sauveur. Le rapport établi entre cette action et celle du Père n'est pas, au moins directement, un rapport métaphysique d'égalité absolue, ou de parfaite coordination au même but, ou d'une parité de droit, c'est-à-dire d'une même indépendance à l'égard du précepte sabbatique, mais un rapport d'analogie réelle entre l'action du Père et celle du Fils qu'il a envoyé : le Père agit toujours, nonobstant le sabbat; le Fils est autorisé à en faire autant, étant Fils et associé à l'œuvre du Père. La coordination de l'action du Fils à celle du Père ne laisse pas d'être le fondement de l'analogie qui justifie l'indépendance du Fils à l'égard du sabbat; et cette coordination se fonde à son tour sur la relation métaphysique du Verbe avec Dieu. Mais ces relations plus profondes ne sont pas exprimées dans le discours. Il ne semble pas possible de ramener la pensée du quatrième Evangile à celle des Synoptiques et de lui faire dire simplement que l'œuvre du salut, avec tout ce qui s'y rapporte, est compatible avec l'observation du sabbat sainement comprise Car il est dit positivement que Dieu ne connaît pas le
1. S. Ihknke [IIsLcr. V, 28, 3) dit que le monde durera autant de milliers d'années qu'il y a de jours dans la semaine de la création : l'histoire du monde comprendra six mille ans ; le septième millénaire est pour le règne des saints.