‹ Le quatrième évangileChapitre 330 sur 857 · B. Weiss, 201 ; Scuanz, loc. cit · texte numérisé non relu

B. Weiss, 201 ; Scuanz, loc. cit

LE PARyVLYTIQUE DE BÉTHESDA

sabbat. Le Fils ne le connaît pas davantage, et il en dispense à son tour ceux qui croient en lui. Il n'y a pas non plus lieu de chercher à cette parole un sens historique de caractère tout moral, comme serait l'idée que le travail des enfants de Dieu, à l'exemple de celui du Père, ignore les alternatives d'action et de repos, parce que le travail accompli pour Dieu n'est pas une fatigue mais une joie Rien n'autorise à chercher derrière la pensée de l'Évangile une autre j)ensée qui serait historiquement celle de Jésus, car Ton n'a pas de base critique pour la distinction de Tune et de l'autre. Le rapport des deux opérations, celle du Père et celle du Fils, ne se fonde pas sur une conception purement morale de la filiation. Il est bien évident, et par le texte même et par ce que Jésus va dire ensuite, que l'action du Fils ne concerne pas la circonstance présente , mais toute l'œuvre divine du salut qui s'accomplit par lui, bien qu'on ne doive pas peut-être aller jusqu'à dire que Jésus se donnerait ici comme l'organe de toute l'action divine dans le monde ~, selon qu'il a été dit dans le prologue : « Tout a été fait sans lui, et rien n'a été fait sans lui. » L'action du Père est universelle ^, elle comprend tout ce qui a été fait depuis le commencement du monde «jusqu'à présent », c'està-dire jusqu'au miracle que Jésus vient d'opérer. L'action du Fils paraît être distinguée de celle du Père, et s'entendre seulement de l'action du Verbe incarné, non du rôle permanent du Verbe dans la création depuis l'origine des choses.

Le sens que les Juifs attribuent aux paroles de Jésus ne laisse aucun doute sur la pensée de Févangéliste. Dans la réalité de l'histoire, une proposition telle que celle-ci : « Mon Père agit jusqu'à présent, et moi aussi j'agis », aurait été inintelligible et incomprise. L'impression qu'elle a faite sur les Juifs, et que l'auteur se garde bien de dire mal fondée, a toute la valeur d'un commentaire. Les Juifs entendent que Jésus se fait égal à Dieu, et jiar le sens particulier qu'il attache à son titre de Fils, où ils reconnaissent autre chose que la relation du Messie national avec le

Page 1