Das Urchristenthum
4. Die evangelische [Geschichle und der Ursprung der Chrislenlums, 1893.
un défaut de sens moral, au moins une absence complète de sens historique. Notons seulement que le but politico-ecclésiastique de TEvangile reste encore à prouver.
D'après Julicher un chrétien de la troisième génération, arrivé à une plus large conception du Sauveur que les anciens évangélistes, a entrepris d'écrire un Evangile idéal, imaginant un disciple idéal aussi, qui aurait compris, au moins après la mort du Sauveur, le sens profond qui se cachait en chacune de ses paroles ; les témoignages concernant Torigine apostolique de ce livre sont des conclusions tirées de son dernierchapitre, ou des hypothèses sur sa place dans le canon et son rapport avec les Synoptiques, ou bien ils ont trait à Jean d'Ephèse et ne disent rien du livre ; le caractère des récits du quatrième Evangile et sa dépendance littéraire à l'égard des Synoptiques ne permettent pas de l'attribuer à un témoin oculaire ; du reste, l'auteur a été le plus grand penseur chrétien de ce temps ; comme on ne connaît pas son nom, l'on n'a guère de raison pour maintenir qu'il a vécu en Asie. N'est-il pas vrai cependant qu'il existe quelque affinité d'origine entre l'Evangile et l'Apocalypse, qui a été composée en Asie, et ne semble-t-il pas que ce pays ait été le centre de diffusion des écrits johanniques? Il y a bien certaines chances pour que le quatrième Évangile ait été écrit, ou du moins qu'il ait acquis sa forme définitive là plutôt qu'ailleurs.
On remarquera que Brandt et Julicher n'en sont plus à discuter, comme leurs devanciers, si l'Evangile est dominé par l'influenee de Philon ou par celle de la gnose ; ils y voient d'abord un livre chrétien, et leurs hypothèses sont fondées sur le caractère même de l'œuvre dont ils essaient d'expliquer l'énigme. L'hypothèse de Gorssen ^,qui suppose que l'idée de composer un Evangile sous le nom de Jean aurait été suggérée par les Actes gnostiques de Leucius a trouvé peu de crédit, et ne pouvait pas en trouver, attendu que la dépendance de ces Actes à l'égard de l'Evangile paraît incontestable. J. Réville ^ pense que le disciple bienaimé ne doit être identifié avec personne; c'est un type idéal ; l'auteur de l'Evangile, un chrétien d'éducation judéoalexandrine, a voulu être inconnu; le livre, écrit vers 100-125, est symbolique et sans aucune valeur
1. Eiiileilung in d. N. T., 1894. Dans la récente cditioii (1901) de son livre, Julicher pense que l'auteur du quatrième Évangile était un disciple et admirateur de Jean d'Ephèse, qu'il identifiait avec son disciple idéal, et que Jean d'Ephèse pourrait être l'apôtre.