Maiuj, II. 7; cf. p
LE PARALYTIQUE DE BÉTHESDA
Le discours que Jésus adresse aux Juifs scandalisés, pour justifier ses paroles, confirme le sens qu'ils leur ont donné : « Je vous le dis en vérité, le Fils ne peut rien faire de lui-même, à moins qu'il ne le voie faire au Père ; car ce que celui-ci fait, le Fils le fait pareillement K » Pour saisir toute la portée de ces assertions, il faut en rapprocher d'autres passages du même Evangile, où il est dit que le Père et le Fils ne sont qu'un ; que le Père est dans le Fils, et le Fils dans le Père; que le Fils ne fait rien de lui-même, et que le Père accomplit ses œuvres en lui ; que ce qui est au Fils est au Père, et ce qui est au Père également au Fils ; que la mission du Fils est d'accomplir la volonté de celui qui l'envoie ; que le Fils vit par le Père vivant ; qu'il exécute librement la volonté du Père en abandonnant sa vie et en la reprenant; que le Père l'emporte sur le Fils ; que le Père aime le Fils et que le Fils aime le Père et garde ses préceptes Le Fils est le Verbe incarné ; ce n'est pas son rappoi't métaphysique et éternel, mais son rapport actuel avec le Père qui est ici décrit. « Le Fils ne peut rien de lui-même », et il ne s'agit pas d'une impossibilité morale ; si le Fils accomplit des œuvres divines, c'est qu'il tient du Père la faculté de les exécuter, c'est qu'il reçoit de lui lumière et pouvoir pour de telles œuvres. Il ne fait que ce qu'il voit faire au Père ; mais ce que le Père fait, le Fils le fait aussi et de la même manière. Bien que les termes de cette déclaration n'aient pas toute la précision logique que l'on pourrait souhaiter, c'est fausser la pensée du texte que d'y voir un phénomène de conscience purement humaine et l'idée d'une filiation divine qui se réaliserait par l'accomplissement d'œuvres conformes à la volonté du Père ^. La filiation est acquise avant que le Père révèle les œuvres au Fils, et s'il est vrai que la conscience de cette filiation n'est pas expressément reportée dans l'éternité, avant l'incarnation, il n'est pas davantage insinué qu'elle ne serait apparue qu'à un moment doané de l'existence de Jésus. L'incarnation du Verbe domine toute la carrière du Christ, quoiqu'elle se manifeste seulement dans son ministère; et l'évangéliste ne s'occupe pas spécialement du Verbe préexistant^ ni
1. V. 19. où Suvairai 6 uiô; Tiotsiv àcp' lauTOÎi oùSsv, av xt [iXi-r^ xôv -aTspa Tioiouvxa* a yàp av Èxeivo; Troirj, xauxa xal ô moç ôjJLOi'oj; Tzoïtï.
2. X, 30, 38; xiv,9, 11 ; xvii, 10; m, 35 ; iv, 34; v, 20, 30; vi, 38,57; viii, 20; X, 18; XII, 49; XIV, 28, 31 ; xv, 10.