SciîANz, loc. cit. d'après Jean Chrysostome
le Fils, et lui montre tout ce qu'il fait lui-même. Ce que le Fils a déjà fait, ce qu'ils ont déjà vu, le miracle qui vient de s'opérer, sont des œuvres que le Père a montrées au Fils ; ainsi en sera-t-il des œuvres plus grandes et plus admirables que le Fils exécutera dans l'avenir sous leurs yeux ; il les accomplira parce que le Père les lui aura fait voir. Cependant le Fils les connaît déjà, puisqu'il va les décrire. L'indication des œuvres au Fils n'est donc pas précisément la connaissance anticipée qu'il en a, mais une sorte d'invitation à les faire, dans l'occasion même où elles se présentent. La connaissance antérieure est comme générale ; la réalisation concrète de telle œuvre, dans tel cas particulier où le Fils perçoit une volonté du Père, résulte de cette connaissance et de cette perception, qui constituent ensemble la révélation, faite au Fils, de l'œuvre qu'il doit accomplir. Cette œuvre a sa réalité idéale dans la science et la volonté du Père ; elle a sa réalité concrète dans ce qu'opère le Fils, par la puissance qu'il tient du Père K
La résurrection de Lazare se trouve annoncée dans ce qui suit ; mais la résurrection de Lazare est le symbole de la résurrection universelle, résurrection des âmes et résurrection des corps. C'est cette double résurrection qui est visée dans la suite du discours, comme une seule œuvre réalisée par le Fils, d'après le modèle qui lui a été montré par le Père. Il appartient au Père de ressusciter les morts et de donner la vie ; c'est l'acte divin par excellence ; Dieu est Dieu parce qu'il est la source et le maître de la vie ; or ce pouvoir divin, le Fils le possède ; il donne la vie à qui lui plaît. En quel sens l'auteur emploie-t-il ici les termes de vie et de mort ? Au sens le plus large et le plus compréhensif. 11 s'agit à la fois de la vie naturelle et de la vie spirituelle, de la vie présente et de la vie ressuscitée, la résurrection étant conçue comme la restauration de la vie naturelle et le couronnement de la vie spirituelle. Tout vient sous le même symbole, le mot vie représentant directement la vie naturelle, et figurativement, parcelle-ci, la vie spirituelle et la vie ressuscitée, toutes ces vies n'en formant qu'une dans la perspective. Si l'on veut restreindre le sens du mot (( vie » à une
4. La révélation éternelle du Père dans le Fils, image absolue sur laquelle âe réglerait Faction du Verbe incarné (Scuanz, 242) représente Tinterprétation purement métaphysique de ce que l'évangéliste conçoit comme un rapport historique et vivant.