‹ Le quatrième évangileChapitre 340 sur 857 · Siipr. p. 407, n · texte numérisé non relu

Siipr. p. 407, n

LE PARALYTinL'H Ij K HÉTIIESDA

V, 31. Si c'est moi qui me rends témoig^nage, mon témoignage n'est pas A^rai. 3'2. Il y en a un autre qui rend témoignage de moi, et je sais que le témoignage qu'il rend de moi est vrai. 33. Vous avez envoyé à Jean, et il a rendu témoignage à la vérité. 34. Pour moi, ce n'est pas d'un homme que je reçois le témoignage ; mais ce que j'en dis est pour que vous soyez sauvés. 35. Il (Jean) était une lampe ardente et brillante, et vous vous êtes plus à vous réjouir quelque temps à sa lumière. 36. Mais le témoignage que j'ai vaut mieux que celui de Jean ; car les œuvres que le Père m'a chargé d'accomplir, les œuvres mêmes que je fais, témoignent pour moi, que le Père m'a envoyé. 37. Et le Père qui m'a envoyé, c'est lui qui a rendu témoignage de moi. Vous n'avez jamais entendu sa voix, ni vu sa face, 38. et vous n'avez pas sa parole demeurant en vous, puisque vous ne croyez pas à celui qu'il a envoyé. 39. Vous scrutez les Ecritures, parce que vous croyez y trouver la vie éternelle : ce sont elles qui rendent témoignage de moi; 40. et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie. 41 . Je n'accepte pas de gloire des hommes ; 42. mais je vous connais pour n'avoir pas l'amour de Dieu en vous. 43. Moi, je suis venu au nom de mon Père, et vous ne m'acceptez pas ; si un autre vient en son nom, vous l'accepterez. 44. Gomment pouvez-vous croire, vous qui acceptez de la gloire les uns de la part des autres, et ne recherchez point la gloire qui vient de Dieu seul? 45. Ne croyez pas que ce soit moi qui vous accuse devant le Père. Votre accusateur est Moïse, en qui vous espérez. 46. Car si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, parce que c'est de moi qu'il a écrit. 47. Mais si vous ne croyez pas à ses écrits, comment croirez-vous à mes paroles? »

Jusqu'à présent le Christ a montré comment il a le droit d'agir en Dieu, de se comporter à l'égard de la Loi comme lui étant supérieur, de se donner comme Fils de Dieu participant à la souveraine indépendance du Père, parce qu'il est son unique révélateur, l'unique exécuteur de ses volontés, l'unique dépositaire de sa toutepuissance, muni de pleins pouvoirs pour toute l'œuvre du salut, qui est, en un sens, toute l'œuvre de Dieu. A ce premier plaidoyer s'en joint un autre qui vient à l'appui des déclarations faites par le Sauveur, et qui les fait indiscutables à raison des autorités qui les recommandent. Si Jésus se rendait témoignage à lui-même, par sa seule parole, ce témoignage n'aurait aucune valeur et ne serait pas recevable, il ne serait pas « vrai ». Mais le témoignage qu'il vient d'exprimer n'est pas dans ce cas. En réalité, il y en a un autre qui témoigne pour lui, un autre dont l'autorité n'est pas contestable,

et ce que dit de lui ce témoin est vrai, Jésus le sait ^ Cet autre est le Père, non Jean-Baptiste -, dont il va être parlé aussitôt, mais pour dire que son témoignage, si respectable qu'il soit, si considéré qu'il eût dû être par les Juifs, n'est pas celui qui compte absolument et qui dispense de chercher ailleurs.

Les Juifs ont envoyé des messagers à Jean, et, dans cette occasion, Jean a rendu témoignage à la vérité, comme il le devait. Ainsi le discours se réfère à ce qui a été raconté d'abord sur le témoignage rendu par Jean-Baptiste devant les envoyés du sanhédrin^; mais il semble que la « vérité » dont on fait honneur à Jean comprenne ce qu'il a dit ensuite devant ses disciples 4, puisque le Précurseur n'a point parlé de Jésus aux envoyés des Juifs. La référence est donc pour le lecteur de TEvangile, non pour l'auditoire du Sauveur. Si vrai qu'ait été le témoignage de Jean, Jésus ne prétend pas s'en autoriser : ce n'est que le témoignage d'un homme, et un homme n'est pas le témoin qui convient au Fils de Dieu. Si donc le Christ le rappelle, ce n'est pas pour lui-même, qui n'en a pas besoin, mais dans l'intérêt de ses auditeurs, pour leur salut. Car Jean avait été envoyé de Dieu pour rendre témoignage à la vérité, afin que l'on crût par lui ^ au Verbe incarné : c'est pour la même

1. La leçon reçue, dans le v. 32, est ol'ôa. Quelques témoins ont oloaTs, lecture qui suppose, dit-on, que Jésus parlait ici de Jean-Baptiste. Cette leçon occidentale (elle est représentée par D, quelques ms. lat., Se.) pourrait bien n'être pas si mauvaise qu'on le dit. Elle ne suppose pas plus que l'autre que Jean soit le témoin invoqué par Jésus, et le Sauveur dit plus naturellement : « Et vous savez que son témoignage (celui de Dieu) est vrai », que : « Et je sais, etc. » ; car cette dernière assertion ne fortifie pas l'argument, tandis que la première met les Juifs en présence d'un témoignage non contesté par eux, et que cependant ils n'écoutent pas. La leçon oloa donne un sens plus facile, et elle aurait pu sortir aisément de oloats oti, par omission involontaire de la finale te. Toutefois Ton doit dire que s'il y avait antithèse entre la connaissance du témoignage et sa réception, il faudrait ù[xeïç devant oloats, et que la présence de ce pronom au commencement du v. 33 suppose que Jésus parle encore delui-même à la fin du v. 32.

2. Les Pères sont partagés sur ce point. Mais le témoin annoncé avec emphase, au v. 32, est certainement distinct de celui qui est introduit, au v. 33, comme interrogé par les Juifs, et comme non réclame par Jésus, au v. 34; le témoignage supérieur invoqué par Jésus est amené explicitement, au v. 37, avec référence au v. 32.

LE PARALYTIQUE DE BÉTIIESDA

^ raison que son témoignage est ici invoqué. A ce propos, Jésus émet sur le Baptiste un jugement qui fait écho à ce qu'on lit dans les Synoptiques, après le message du Précurseur captif. Jean n'était pas la lumière, mais (( il était la lampe ardente et brillante ^ », et les Juifs se sont « amusés quelque temps à sa lueur ». Ils n'ont pas profité de cette lumière pour s'éclairer, mais pour s'ébaudir un moment comme des mouches au soleil -, ou plutôt comme les enfants auxquels les Juifs sont expressément comparés dans les Synoptiques ^ Il paraît douteux que l'évangéliste ait voulu prêter aux Juifs de Jérusalem une foi, même transitoire et imparfaite, au prochain avènement du règne messianique Il songe plutôt, en général, au crédit dont le Précurseur a paru être favorisé pendant un certain temps. Ce fut comme un jeu dont les Juifs ne retirèrent aucun profit, puisque le témoignage de Baptiste ne les conduisit pas au Sauveur,

Le témoignage dont Jésus se prévaut, celui qu'il annonçait tout à l'heure et qu'il va produire maintenant, l'emporte sur celui de Jean, car c'est celui de Dieu même dans les œuvres que son Fils a reçu mission et pouvoir d'accomplir : <( Les œuvres que je fais témoignent pour moi que le Père m'a envoyé » ; elles attestent que Jésus est vraiment le Fils de Dieu. Par ces œuvres, il ne faut pas entendre seulement les miracles, mais l'œuvre entière de salut, l'œuvre de vie, dont il a été question plus haut. Toutefois, ce n'est pas ce témoignage du Père qui est opposé directement à celui de Jean. Il y a un autre témoignage exprès du Père, qui appartient au passé et que les Juifs ont dédaigné. Bien que l'évangéliste ait entendu présenter les œuvres de Jésus comme le témoignage autorisé du Père, la pensée de ce témoignage s'associe à une autre manifestation qui prend assez de relief pour être expressément indiquée, et de préférence, comme le témoignage formel du Père en faveur du Fils. « Le Père quim^a envoyé, c'est lui ^ » qui

1. Èxsîvo; r)V ô Xûyvoç, ô xatd(j.£voç xai cpai'vwv. Cf. i, 8 : où/ tjv ixsivoç xô cp(o;

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