‹ Le quatrième évangileChapitre 341 sur 857 · B. Weiss · texte numérisé non relu

B. Weiss

5. V. 37. xai ô Tis'jjL^'aç [xs TraTvjp, sxeïvoç [jL£[jLapTÙp7]xsv r.eçA s[j.ou. La leçon sxsivoç (nBL) est préférable à auxo; {A, mss. lat. ; D réunit les deux leçons), et marque la référence expresse au v. 32 : aXXo; iarlv 6 [j-apTupcov tisoI èjxou.

est l'autre témoin annoncé précédemment, c'est lui(( quia rendu témoignage de moi : vous n'avez jamais entendu sa voix, ni vu sa face, et vous n'avez pas sa parole demeurant en vous, puisque vous ne croyez pas à celui qu'il a envoyé. » Et Jésus déclare aux Juifs qu'ils devraient trouver dans T Ecriture la preuve de sa mission divine.

Ces assertions surprenantes, qui semblent faites tout exprès pour contredire ce que l'Ancien Testament raconte des apparitions célestes, et la prétention qu'avaient les Juifs de posséder dans les Ecritures la révélation de Dieu, aident à comprendre ce que l'évangéliste a voulu désigner comme témoignage spécial du Père. Il ne peut pas être question du témoignage rendu par le Père au Fils à l'occasion du baptême, vu que l'évangéliste s'est abstenu délibérément ^ de rappeler le baptême et la parole du Père au Christ baptisé. Il ne s'agit pas non plus du témoignage des œuvres, qui dure encore 2^ mais de la révélation du Père dans l'Ancien Testament ; et l'on peut remarquer, en passant, que le Verbe n'en est pas présenté ici comme l'intermédiaire. Nonobstant la lettre même des Ecritures anciennes, les Juifs n'ont jamais réellement entendu la parole du Père céleste, bien qu'on dise qu'elle a retenti sur le Sinaï ; ils n'ont jamais vu sa face, bien qu'on dise qu'il a conversé avec leurs ancêtres; ils ne possèdent pas sa parole dans les Ecritures, bien qu'ils les conservent avec soin ; cette parole n'est pas dans leurs cœurs et ne les éclaire pas intérieurement. Il ne paraît pas possible de voir là une simple constatation du fait que les auditeurs de Jésus n'ont pas eu de part aux deux formes ordinaires de la révélation prophétique, voix entendue et vision, de sorte qu'on leur reprocherait seulement de ne pas entendre l'Ecriture qu'ils possèdent ; car les trois assertions concernant la voix de Dieu, sa face et sa parole, se suivent sur le même plan et aboutissent au même reproche. On ne trouverait pas de difficultés dans ce passage, si l'on n'était préoccupé de l'auditoire de Jésus, auquel il n'est pas très naturel de faire les deux premières remarques, tandis qu'on devrait penser au judaïsme en général, dont l'évangéliste instruit le procès. Les Juifs sont en dehors de cette révélation

1 . Cf. Hupr. p. 237. Pour la même raison, il ne faut pas songera la parole entendue [)ar les disciples^ témoins de la transfiguration dans les Synoptiques.

2. Noter l'emploi du passé [jL£[j.aptûpri/tv. La leçon aùxo; peut être en rapport avec l'interprétation (jui voit dans les œuvres le témoignage du Père.

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