Cf. I, 17-18 ; V, 17; vi, 32; viii
2. V. 39. ipauvats est un indicatif, non un impératif. La construction naturelle de la phrase le marque suffisamment. Mais on a souvent pris 1 impératif, parce qu'on ne comprenait pas ce qui précède, et que Ton voyait dans l'Écriture un nouveau témoignage. Voir, par exemple, Maldonat, II, 577, 579.
pas en eux la parole de Dieu. Le Fils vient au nom du Père ; ils le rejettent, n'aimant pas Dieu. Si un autre venait en son nom, ils l'accepteraient, parce que celui-là chercherait sa gloire auprèsd'eux, en les flattant eux-mêmes selon leur goût, en leur promettant tous les avantages qu'ils espèrent de leur Messie national. Les Synoptiques^ annoncent aussi de faux Christs et de faux prophètes, mais comme un danger commun aux fidèles de l'Evangile et aux Juifs en général ; ici le danger n'est que pour les Juifs, et il est certain qu'ils y succomberont. La différence du point de vue est tout à fait sensible et marque la date respective des écrits. Une autre différence consiste en ce que les Synoptiques parlent de faux Christs, au pluriel, tandis que l'Evangile johannique semble viserun individu. 11 est vrai que le cas prévu pourrait être indéterminé : (( si quelqu'un » peut désigner le premier Messie venu ~. Mais la pensée de l'évangéliste ne doit pas rester ainsi dans le vague ; selon toute vraisemblance, il s'agit d'un individu qui voudra jouer le rôle de Christ, mais en dupant les Juifs, et qui s'opposera en quelque sorte à Jésus comme le faux Christ au vrai. On peut donc supposer qu'il est question de l'Antéchrist ^. On a pensé aussi à Simon le Magicien mais Simon n'a pas été un faux Messie pour les Juifs. Si les mots : « vous l'accepterez », devaient se prendre pour une allusion directe à un fait accompli dans le temps où écrivait l'évangéliste, on ne voit pas que cette allusion puisse viser un autre personnage que Barkochba^. Mais la date de l'Evangile ne semble pas pouvoir être abaissée aux environs de l'an 130, et d'ailleurs la particule conditionnelle exclut plutôt l'idée d'un fait précis. L'auteur connaît ce qui s'est passé en l'an 70 ; pour l'avenir, il prévoit l'Antéchrist. Ce qui empêche les Juifs de croire, c'est qu'ils ne savent pas rechercher la gloire qui vient de Dieu, qu'ils ne cherchent pas eux-mêmes la gloire de Dieu, mais leur propre gloire et l'hommage des hommes. La vanité rabbinique ^\ l'orgueil des sadducéens * pourraient être en cause ; mais l'idée paraît plus générale ; c'est