‹ Le quatrième évangileChapitre 349 sur 857 · Le nom se retrouve dans Jean, vi, 2i ; xxi · texte numérisé non relu

Le nom se retrouve dans Jean, vi, 2i ; xxi

LE PAIN DE VIE

manifeste aussitôt Tintention du miracle qui va s'accomplir K L'auteur ne se propose pas de rectifier ses devanciers au point de vue de Thistoire; il ne fait que négliger tous les détails indifférents à son but didactique, et adapter à ce but ceux qu'il a retenus. Certains traits de la mise en scène rappellent plutôt l'introduction du discours sur la montagne - que le préambule de la multiplication des pains dans les premiers Evangiles. Si le miracle a la même solennité que le discours, c'est que l'évangéliste y attache une signification analogue : il y voit comme ime révélation symbolique de la Loi nouvelle.

(( On approchait de la Pâque, la fête des Juifs » Bien que certains auteurs anciens ne semblent pas avoir lu ce verset, l'authenticité n'en est pas contestable ^. S'il s'est maintenu dans tous les manuscrits actuellement connus de l'Evangile, c'est qu'il y est original : on n'avait aucune raison d'ajouter une indication qui manque dans les récits parallèles des Synoptiques; et cette indication, venant comme en surcharge dans la narration, a pu être omise involontairement par les copistes, ou même supprimée volontairement, parce qu'elle était jugée contradictoire à une chronologie reçue. L'évangéliste la donne pour le dessin de son propre cadre, à cause de la signification qu'il y attache. Il a vu dans la multiplication des pains la figure de la Pâque chrétienne, la mort de Jésus commémorée dans l'eucharistie : on peut s'en convaincre en lisant le discours sur le pain de vie, et cette interprétation du miracle se laisse entrevoir déjà dans les Synoptiques. La mention de la Pâque juive a donc ici quelque chose de symbolique Peut-être même est-il permis d'aller plus loin et de supposer que l'évangéliste,

1. V. 3. àvfjXGev ol sic, xo opoç 'Ir]aouç, xal Ixd £-/.â6r]T0 ijLSxà t(5v [o-aOriTcov aùtoù'

5. £-ûcpa; O'jv xoù; ô^ôaXjxoùç 6 'Ir]C7oij; xai G£aaoc[j.£voç oxt roÀÙç ojXoi; ïpy^sxai xpô; auxôv, Àsysi Tzpoç, <ï)tXt7r7iov "tioOev àYoyàaojfjLSv apxout; t'va cpàywaiv ouxoi;

2. Cf. Matth. IV, 23-v, 2 (et Luc, vi, 12, 20) : xai T:epifjy£v Iv oXt) xfj raXtXai'oc....-

OspaTrsuwv uaaav vo'crov xai Trôcaav fjLaXa/.iav Iv xo) Xaoj xai rj/.oXouOTjaav olÙim oyXo''

TCoXXot à-KO x^"; PaXiXaiaç î8o)v oï xoùç oyXou; àvs6r] sîç xo opoç' xal xaôiaavxo; aùxou

rpoa^XÔav aùxoi ol [jLaOr]xal aùxou. Noter que Matthieu lui-même (xv, 29) place la seconde multiplication des pains sur une montagne, et que Jean pourrait avoir combiné les deux récits.

3. V. 4. T^v 8s SYY'j; xô Tràa/a, t] iopxT] x(ov 'louoai'wv. Cf. v, 1.

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