‹ Le quatrième évangileChapitre 350 sur 857 · ScHANz · texte numérisé non relu

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ayant placé après la multiplication des pains, qui en est la préface illustrée, le discours sur le pain de vie, qu'il substitue au récit de la cène eucharistique, fait écho à la tradition des Synoptiques, où la cène a lieu la veille de la Pâque, en mettant le miracle et le discours un peu avant la Pâque des Juifs. Cette façon de transposer et d'interpréter F histoire n'a rien que de conforme à son procédé habituel. Un exemple analog"ue s'est rencontré dans l'expulsion des vendeurs. Ce n'est pas que l'auteur ait l'intention d'assig-ner à l'institution eucharistique une autre date que celle qui est marquée dans les premiers Evangiles ^ ; mais la multiplication des pains lui fournit l'occasion de dire sur l'eucharistie tout ce qu'il voulait dire ; l'interprétation de ce miracle symbolique lui tenait au cœur, et il ne pouvait pas plus le ramener au temps de la passion que le détacher du milieu galiléen. A son point de vue, le récit de la cène eucharistique se trouve compensé par le discours sur le pain de vie et par celui qui suivra le dernier repas du Sauveur avec ses disciples . L'omission de ce récit résultait presque nécessairement de la méthode adoptée par lui. Il a considéré l'eucharistie comme un mystère qui ne devait pas être proposé au lecteur dans les termes simples que rapportent les Synoptiques et saint Paul, et qu'il fallait plutôt indiquer, faire deviner, décrire symboliquement, qu'énoncer en termes positifs et directs. La circonstance de la Pàque n'est pas sig-nalée pour expliquer la présence de la foule, et bien moins encore pour insinuer que Jésus aurait voulu célébrer la Pâque avec le peuple, sur la rive occidentale du lac, sans aller à Jérusalem Il s'agit, à la vérité, d'une sorte de Pâque mystique ; mais l'évangéliste se garde bien de dire ou de faire entendre que Jésus ait réellement célébré une Pâque juive dans ces conditions. Selon l'économie extérieure du récit, tout se passe avant la Pâque, pour laquelle Jésus s'abstiendra d'aller à Jérusalem, afin de ne pas s'exposer à la haine des Juifs. Quant à la foule, il importe peu de savoir si elle y est allée ou non. En discutant historiquement cette donnée symbolique, l'on méconnaît la pensée de l'évang-éliste.

Jésus donc, assis sur la hauteur, au milieu de ses disciples, a vu venir à lui la foule innombrable ; sur le champ il dit à l'apôtre Phi-

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