‹ Le quatrième évangileChapitre 361 sur 857 · Cf. XIV, 3, 1^-19 ; xvi · texte numérisé non relu

Cf. XIV, 3, 1^-19 ; xvi

qui avait vu le miracle, toujours soucieuse de retrouver Jésus, et jcg-eant qu'il était définitivement parti de son côté, résolut de se rendre à Capharnaûm. Rien n'invite à supposer qu'une portion peu considérable du peuple était encore là, et que le reste s'était dispersé ou bien que les demeurants cherchaient d'abord sur le rivag-e une barque où Jésus aurait pu se trouver, s'il voulait s'en retourner 2. L'évang-éliste ne songe pas à expliquer comment on a pu se procurer assez de barques pour le transfert de cinq mille hommes ; il prépare, un peu gauchement pour notre goût, la mise en scène du grand discours qu'il a en vue sur le pain de vie. La foule savait bien que, la veille, il n'y avait là qu'une seule barque, celle où les disciples étaient montés, à la nuit tombante; et elle savait aussi que les disciples étaient partis sans Jésus. Comment la multitude qui suivait le Sauveur était-elle venue derrière lui sur la rive orientale? Il faut supposer qu'elle n'était pas venue par eau, puisqu'elle n'avait pas un seul esquif à sa disposition. Elle se propose d'aller à Capharnaûm, n'ignorant pas que les disciples y sont retournés, et pensant que Jésus ne manquera pas de les y rejoindre. Une circonstance fortuite la dispense de faire la route à pied, en longeant le bord du lac. Il arrive des barques de Tibériade à proximité de l'endroit où la foule était restée, attendant Jésus. Le peuple monte dans les barques et vient à Capharnaûm. Il ne faut pas demander combien il y avait de barques, ni comment ceux qui les montaient se sont décidés à prendre tant de passagers et à les conduire sur l'autre bord On peut croire, si l'on veut, que les possesseurs de ces barques cherchaient aussi Jésus . Ce que l'évangéliste tient à faire entendre, on aurait tort de le contester c'est que les gens qui ont été les témoins de la multiplication des pains se trouvent encore les témoins indirects de la traversée miraculeuse : Jésus est censé n'avoir pas dû être à Capharnaûm avant eux ; c'est pourquoi ils sont tout étonnés de le rencontrer sur le rivage où ils abordent. Les barques sont venues de Tibériade ; il n'en pouvait arriver de Capharnaûm, Jésus y étant dès l'aube avec ses

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