‹ Le quatrième évangileChapitre 375 sur 857 · XI · texte numérisé non relu

XI

LE PAIN DE VIE

cette vocation d^enfants de Dieu ; ceux qui sont de Dieu écoutent la parole de Dieu, et si l'on n'écoute pas Jésus, c'est que l'on n'est pas de Dieu ^ D'autre part, l'évangéliste a déjà dit que le Verbe lumière donne à tous ceux qui le reçoivent la faculté de devenir enfants de Dieu Il croit donc à la fois, sans le dire expressément, que l'élection et la réprobation résultent d'un secret dessein de la Providence, et que c'est néanmoins pour avoir librement accepté ou rejeté la parole du salut que l'on est enfant de Dieu ou enfant du diable ^.

.( Etre de Dieu ^ », ou « être de la vérité ^ », s'entend d'une disposition morale ^, mais c'est une disposition que l'homme seul ne peut se donner à lui-même. Dans notre passag-e, l'action providentielle est au premier plan, et l'on n'a pas égard à la liberté de l'homme. La coopération humaine à l'action divine est sous-entendue, et l'on n'essaie pas d'établir un équilibre logique entre cette action et cette coopération, qui semblent représenter tour à tour, selon les occasions, toute l'œuvre du salut. Ne sont-elles pas^ au fond, une même réalité vivante, que l'esprit humain regarde de deux côtés, et qu'il dédouble en idée, parce qu'il est incapable de la voir directement et de la définir simplement? Il est presque inévitable que l'on dépasse la pensée de Tévangéliste en essayant d'expliquer comment il conçoit l'action du Père sur les âmes entraînées par lui vers le Fils. On doit admettre une action sur la volonté ^, mais consécutive à une action sur l'intelligence et la conscience, à une instruction divine, qui est même le point où va se concentrer, en quelque sorte, l'opération de Dieu ; cette instruction vient du dehors, et elle est aussi une illumination intérieure ; l'attrait du Père est, au point de vue réel, la révélation du Père par le Fils 8, proposée

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