‹ Le quatrième évangileChapitre 377 sur 857 · Cf. V, 37-38; supr. p · texte numérisé non relu

Cf. V, 37-38; supr. p

7. « Quid est audire a Pâtre, nisi audire verbum Patris, id est me ? » In Joan., XXVI.

H. Cf. XIV, 9.

Celui que le Père a ainsi instruit par le Fils, « celui qui croit a la vie éternelle ». 11 reçoit cette vie de Jésus, parce que Jésus est le pain de vie. Dans tout ce développement, le Sauveur n'oppose au murmure des Juifs qu'une assertion plus nette de ce qu'il a dit pour commencer. Le rappel de la manne fait voir que l'antithèse de Jésus et de Moïse, de l'Évangile et de la Loi, est toujours présente à l'esprit de l'évang-éliste. Les Israélites que Moïse conduisait dans le désert, et qu'il nourrissait de la manne, sont tous morts, parce que la manne dont ils vivaient n'était pas le vrai pain céleste, qui donne la vie éternelle. Pour échapper à la mort, il faut se nourrir du pain de vie ; ce pain de vie est Jésus lui-même ; c'est un pain vivant, et de là vient qu'il communique la vie -\ Jésus le donne en se donnant lui-même ; il offre sa chair, comme un pain à manger, pour la vie du monde.

Maldonat s'étonne que les anciens Pères grecs ne se soient pas arrêtés davantage à l'objection que provoquent nécessairement les paroles du Sauveur touchant la mort des Israélites et l'immortalité des croyants : s'il s'agit de la mort naturelle, les chrétiens ne meurent-ils pas comme les Israélites sont morts dans le désert ? et s'il s'agit de la mort spirituelle, les Israélites qui mangeaient la manne auront-ils donc été damnés tous pour manque de foi ? La question ne se posait pas en ces termes pour les anciens commentateurs, qui se tenaient beaucoup plus près de la conception évangélique. Les Pères ne trouvaient aucune difficulté à admettre que la masse des Israélites avait été damnée, et que la masse des chrétiens était sauvée : les Israélites étaient morts de toutes les façons dont

1. ô maxs'jorj, sans complément. Plusieurs témoins ajoutent dç sfjis. Ss. et Se. disent : (( en Dieu ». D'oii il résulte assez clairement que l'addition est, de part et d'autre, une glose explicative.

2. V. 50. oÛTOç èartv 6 apxo; ô Ix tou O'jpavou xata6aivojv, iva xiç aurou çayTj xaî ;j.r] à-o9àvr]. La conjonction iva ne dépend pas directement de xaTa6aivo)v, mais de la proposition tout entière, bien qu'on ne doive pas traduire : « Ce pain, qui descend du ciel, est de telle nature que celui qui en mange ne meurt pas », mais : « Ce » pain dont je parle (( est le pain qui descend du ciel », le pain qui fait « que celui qui en mange ne meurt pas.» (( Nec enim id agebat Christus ut doceret quam ob causam panis ille de cœlo descendisset ; sed ut ostenderet quid inter vim atque naturam hujus et illius panis interesset, quod ille ne vitam quidem corpori ultra constitutum a natura tempus dare possit, hic vitam aeternam animis etiam tribuat. » Maldonat, II, 614.

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