‹ Le quatrième évangileChapitre 378 sur 857 · Loc. cit · texte numérisé non relu

Loc. cit

on peut entendre la mort, mort naturelle, mort spirituelle, mort éternelle ; et les chrétiens devaient vivre de toutes les façons dont on peut entendre la vie, puisque la résurrection g-lorieuse réparait abondamment, en ce qui les concernait, Teffet de la mort naturelle. Il n'est donc pas tout à fait juste de dire que Févangéliste joue sur le double sens du mot « mourir », l'appliquant aux Israélites dans le sens de la mort naturelle, et aux élus dans le sens de la mort spirituelle ' ; car la mort est pour lui un symbole complexe, comme le pain de vie et la vie elle-même. Aucun des éléments qui entrent dans ce symbole n'exclut les autres du discours, bien qu'il puisse y être plus apparent. Ainsi l'on peut voir que la mort naturelle est au premier plan dans ce qui est dit des Israélites ; mais cette mort naturelle implique la mort spirituelle et la mort éternelle. Pareillement, c'est la vie spirituelle et éternelle qui est plus ouvertement signifiée dans ce qui est dit des fidèlés ; mais cette vie implique la résurrection qui sauve le corps de la mort naturelle. Le jeu de mots et de pensées existe surtout par rapport à nous, l'auteur ne s'étant pas inquiété des distinctions que nous introduisons dans ses conceptions mystiques pour les analyser.

Le pain dont il s'agit, et qui empêche de mourir, n'est pas non plus seulement le pain delà doctrine, l'aliment de la foi : c'est Jésus et le salut qu'il apporte, sous toutes les formes et de toutes les Façons dont ils sont donnés aux fidèles. Ce pain descendu du ciel et qui assure l'immortalité n'est pas autre que Jésus lui-même, accepté par la foi et communiqué en chair et sang dans l'eucharistie. Les Pères qui, depuis Ignace d'Antioche, ont vu dans la communion eucharistique un gage de la résurrection glorieuse, sont tout à fait dans la tradition johannique. En disant que le pain donné par lui est sa propre chair, Jésus marque assez clairement que cette chair même devient un aliment pour le fidèle ; mais comment devientelle, en tant que chair, un aliment pour le croyant, si ce n'est dans l'eucharistie? A quoi bon parler de la chair, si ce n'est par rapport au sacrement? - Il est vrai que la construction elliptique du discours permet à certains commentateurs d'éluder le sens qui résulte naturellement de ces paroles : « Et le pain que je donnerai est ma

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