‹ Le quatrième évangileChapitre 380 sur 857 · Cf. Grill · texte numérisé non relu

Cf. Grill

Ainsi, la critique de Renan - s'est complètement égarée en s'autorisant du quatrième Evangile pour affirmer que la cène du jeudi saint n'avait rien eu de particulier, et que Jésus, dans les repas qu'il prenait avec ses disciples, avait coutume de leur dire, en leur présentant les aliments : <( Je suis votre nourriture », et même, en rompant le pain : « Voici mon corps », en faisant passer la coupe : « Voici mon sang », pour signifier qu'il était « la vie du vrai fidèle ». Ce ne sont pas les Synoptiques qui ont concentré dans le dernier repas l'institution eucharistique , mais le quatrième Evangile qui l'a, pour ainsi dire, anticipée. La tradition la plus ancienne a considéré Feucharistie comme un mémorial de la passion, et l'a très nettement rattachée aux circonstances qui ont précédé immédiatement la mort du Sauveur; la fraction du pain a été le signe commémoratif de la mort de Jésus, parce que Jésus près de mourir, l'avait réellement présentée comme le signe de sa mort imminente. Communion à Jésus dans le symbole de sa mort, telle est l'idée primitive, et qui subsiste encore, de Feucharistie. C'est aussi Fidée qu'en a le quatrième Evangile, bien qu'il n'insiste pas sur la mort, parce que la perspective en est encore éloignée, et qu'il donnera plus loin la leçon de la mort et de la résurrection.

Ce serait aller trop loin que de contester dans ce discours toute allusion à la mort de Jésus - ; Fidée de la mort y est à Farrière-plan, comme invisible, mais toujours présente ; et Fidée du Christ agneau de Dieu, vraie victime pascale, vraie pâque du chrétien, est insinuée dans la date que Févangéliste assigne à la multiplication des pains C'est un autre excès, beaucoup moins défendable, que d'y trouver seulement la pensée de la mort avec celle de la foi qui s'en nourrit. L'idée de la communion vivifiante prime celle de la mort; et, pour être spirituelle, au sens que dira Févangéliste, cette communion n'en est pas moins réelle. Le langage mystique employé par Fauteur n'est pas fait de métaphores abstraites, mais d'allégories substantielles. Si Jésus dit, plus loin, que Fesprit seul vivifie et que la chair ne sert de rien, ce n'est pas pour rétracter ce qu'il a dit d'abord, et donner à ses disciples une explication qui aurait pu

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