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LE PAIN DE VIE

tout aussi bien dissiper le scandale de la foule, mais pour insinuer que la chair et le sang- eucharistiques sont communiqués « spirituellement », non par la foi ou par une simple influence de Tesprit divin, mais comme spiritualisés dans la glorification du Christ. Ainsi s'achèvera la leçon de l'eucharistie, qui est, dans tout ce chapitre, la préoccupation dominante de Févangéliste. Il faut dire dominante, et non exclusive, parce que tous les thèmes qui sont traités successivement dans le quatrième Evangile rentrent plus ou moins l'un dans l'autre, et que l'idée essentielle de la régénération spirituelle des hommes par la communion parfaite au Verbe incarné est l'âme de tout le livre.

Le discours sur le pain de vie n'a plus de sens déterminable et porte sur le vide, si l'on n'y reconnaît une instruction touchant le mystère de l'eucharistie, comme il y en a une plus haut touchant le mystère dubaptême ^ L'eau du baptême et le pain de l'eucharistie ne sont pas plus en contradiction avec la religion de l'esprit que l'humanité du Christ avec la notion du Verbe. Il ne s'ag-it aucunement pour l'évangéliste de rejeter tout élément sensible, mais de soumettre le sensible au spirituel. Sa conception du baptême et de l'eucharistie est en harmonie parfaite avec sa doctrine de l'incarnation. La notion du Verbe n'exclut pas l'humanité qui est l'instrument de sa révélation ; la notion de l'esprit n'exclut pas les éléments sacramentels qui sant les instruments de son action. Pénétrés par l'esprit divin, l'humanité du Christ, Teau du baptême, le pain eucharistique ont, pour ainsi dire, changé de nature et sont entrés dans l'ordre des choses spirituelles

On ne remarque pas assez que les termes du lang-age johannique, esprit, vie, lumière, résurrection, sont plus compréhensifs que dans notre vocabulaire théologique, et comme on ne veut pas les entendre au sens de l'auteur, on mutile trop souvent sa pensée, sous prétexte d'en sauver l'équilibre. La chair et le sang de Jésus ont été donnés sur la croix pour la vie du monde, en vue de g-arantir aux hommes le bienfait de la vie éternelle et la résurrection glorieuse: ils ne cessent pas d'être donnés à même fin dans l'eucharistie, pour entretenir dans les âmes, par une communion réelle et spirituelle à Jésus g-lorifié, la vie divine, principe et gage de l'immortalité. La mort du

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