‹ Le quatrième évangileChapitre 387 sur 857 · Marc, xiv, 22, et parallèles · texte numérisé non relu

Marc, xiv, 22, et parallèles

traire, mang-e un pain vraiment céleste, vraiment vivant, et par cela même vivifiant pour l'éternité. L'antique symbole de l'arbre de vie est au fond de cette comparaison, qui porte directement sur la nature et l'effet des deux aliments, mosaïque et évangélique, mais n'implique pas contradiction de ce qui a été dit plus haut : « Moïse ne vous a pas donné le pain du ciel. » Il n'est pas insinué ici que la manne soit venue du ciel autrement que le pain de vie ^ ; car il est acquis, depuis le commencement du discours, qu'elle n'est pas un aliment divin. La conclusion ne se réfère pas seulement aux dernières paroles de Jésus, ou à l'assertion : <( Le pain que je donnerai, c'est ma chair, pour la vie du monde » ; elle se relie visiblement au début de l'entretien, aux déclarations concernant la manne, et recouvre par conséquent tout le discours.

Jésus, observe Lévang-éliste, « dit cela en synagogue -, prêchant à Capharnaûm ». Le discours qu'on vient de voir aurait donc été prononcé dans une réunion ordinaire du culte juif. Le lecteur en est avisé après coup. Il est vrai que la fin de la notice : u prêchant à Capharnaûm », peut insinuer que Jésus n'a pas prêché qu'une seule fois à Capharnaûm, ni seulement en assemblée synagogale. Mais le discours tout entier n'en est pas moins attribué à une réunion déterminée. Or le Christ, au début de l'entretien, était près de la mer : comment le discours a-t-il pu être prononcé en synagogue ? On suppose que l'évangéliste a réuni deux scènes et deux discours distincts : la rencontre, l'invitation à chercher la nourriture impérissable et à croire en celui que Dieu envoie ^ auraient eu lieu près de la mer ; la demande de signe et tout le discours sur le pain de vie ^ auraient eu lieu dans la synagogue. Il suffit néanmoins de lire le texte pour s'apercevoir que la demande de signe se rattache à l'invitation à croire, et qu'on ne peut admettre ni déplacement ni intervalle entre les deux. Mieux vaut dire que l'évangéliste n'a aucun souci de l'incohérence introduite dans son récit par les indications contradictoires qu'il a données. La première lui a été suggérée par la nécessité où il se trouvait, pour atteindre son but didactique, de ramener à Jésus, pour entendre le discours sur le pain de vie, la

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