‹ Le quatrième évangileChapitre 39 sur 857 · fenharung Johannis · texte numérisé non relu

fenharung Johannis

8. Die Chronologie der altchrisl. Litleralur bis Eusebius, 1897.

INTRODUCTION

gile n'a pas été écrit avant l'an 80 ni après Tan 110; cependant Tapôtre Jean n'est pas étranger à l'Évangile, car c'est lui qui est le disciple bienaimé dont le témoignage garantit la vérité de ce qui est contenu dans le livre; mais ce n'est pas lui qui l'a écrit, vu que sa mort est supposée dans le dernier chapitre, et ce chapitre est du même auteur que les précédents ; les presbytres d'Ephèse y ont ajouté le verset 24, qui attribue la rédaction même du livre au disciple bien-aimé ; peut-être la substitution qu'ils ont faite de l'apôtre au disciple a-t-elle été volontaire; quoi qu'il en soit, le quatrième Évangile pourrait s'intituler : « Évangile de Jean le Presbytre selon Jean l'Apôtre » ; si l'apôtre n'y est pasdésigné parson nom, c'est que le disciple, qui s'appelait aussi Jean, a eu quelque pudeur ( ! ?) à faire figurer ce nom dans le récit, même en l'appliquant à une autre personne; peut-être l'apôtre avait-il fait un séjour en Asie; Jean le Presbytre était un juif de Palestine; c'est pourquoi on le considérait comme disciple du Seigneur, bien qu'il n'eût probablement pas connu le Christ dans la chair; il était fortement imbu de culture hellénique ; disciple de l'apôtre son homonyme, il consigna la tradition de celui-ci dans l'Évangile; il connaissait Marc et Matthieu, peut-être aussi Luc, avec lequel la tradition johannique a certaines affinités; son livre ne fut publié qu'après sa mort, par les soins des presbytres d'Éphèse, et bientôt la confusion des deux Jean fut complète. Harnack s'attache particulièrement à discuter le témoignage d'Irénée, comme si cette confusion venait principalement de lui. Irénée, tout jeune encore lorsqu'il entendit Polycarpe, ne se serait pas rendu un compte bien exact de ce que le vieil évêque de Smyrne racontait de Jean.

On a pu voir ^ dans quelle mesure cette opinion est soutenable, et comment s'est formée la conviction d'Irénée touchant l'origine du quatrième Evangile. L'attribution à l'apôtre Jean est complètement indépendante du témoignage de Polycarpe; mais Irénée identifie l'auteur de l'Évangile avec Jean d'Éphèse, le maître de Polycarpe et de Papias. La confusion dont il s'agit serait bien antérieure à Irénée, si les presbytres d'Éphèse l'avaient commise les premiers avec intention. Il n'est pas prouvé que le disciple bien-aimé soit l'apôtre Jean dans tout l'Évangile, et Jean le Presbytre dans l'avant-dernier verset. C'est le chapitre xxi en entier qui est un appendice; le disciple dont la mort y est supposée se trouve désigné à la fin comme évangéliste ; ce disciple peut être Jean d'Éphèse, mais il n'y a là qu'une conjecture. Quant au disciple bien-aimé dont on trouve mention dans les chapitres xni, xix et xx, s'il n'est pas l'auteur du livre, on n'a aucune raison de l'identifier à l'apôtre Jean. Bien qu'assez compliquée, l'hypothèse de Harnack ne semble pas

Page 1