B. Weiss
2. V. 62. £xv o'jv ôeojf^Te xôv ulôv xou avOpoS;i:ou avaôaîvovta otiou riv xô 7:po'x£pov.
r.E QUATRIÈME ÉVANGILE
néanmoins des partisans, non seulement parmi les théologiens ^, mais encore parmi les critiques 2, parce qu'elle semble nécessaire pour introduire les paroles : « C'est l'esprit qui vivifie, la chair ne sert de rien. » Une transition est ainsi ménagée entre l'imagination grossière que l'auditoire s'est formée, et ce que Jésus va dire sur le caractère spirituel de la nourriture qu'il propose. La première explicatio.i agrée particulièrement à ceux qui ne veulent pas que le discours précédent se rapporte à Feucharistie ^ ; au scandale de la croix Jésus ajouterait le scandale du Messie disparu, pour ruiner tout à fait les espérances terrestres de ses auditeurs, et pour montrer que la substance du règne de Dieu consiste dans la communication de Tesprit divin. Telle n'est pas Tidée de Févangéliste : la première explication, ainsi développée, aboutit à une conception abstraite qui ne résume pas renseignement de ce chapitre. L^autre interprétation est plus conforme à la pensée de l'auteur, bien qu'elle n'en suive pas exactement les contours. Mais il n y a pas de lien nécessaire entre cette interprétation et l'application générale du discours à Teucharistie, non plus qu'entre la première et l'application du discours à la seule foi en Jésus.
La seconde question du Sauveur est à double entente, ou, si Ton veut, à double face. Il est bien vrai qu'elle propose une difficulté nouvelle et plus grande à l'esprit obtus des Galiléens ; et il est vrai aussi que, dans cette seconde difficulté, la solution de la première est comme annoncée et préparée. Tout le discours n'a-t-il pas ce même caractère, un sens extérieur, qui déroute les âmes vulgaires, et un sens plus intime, qui doit satisfaire les âmes religieuses? Dans les termes où elle s'exprime, dans le sens que les auditeurs de Jésus vont lui donner, la déclaration concernant le départ du Messie est bien une difficulté nouvelle, soit qu'on la regarde en elle-même, soit qu'on la considère par rapport à la précédente : Jésus veut être le Messie et il va quitter la terre ; il veut que l'on mange sa chair,
1. Maldonat (II, 637) observe que la plupart des anciens interprètes voient dans CCS paroles une explication ; mais les uns l'entendent en ce sens, qu'il sera aisé de croire à l'origine céleste de Jésus quand on l'aura vu monter au ciel; les autres en ce sens, que la manducation de la chair n'a plus rien de répugnant et doit être salutaire quand il s'agit de la chair glorifiée du Christ immortel.
9,. Cr. HOLTZMANN, 413.