‹ Le quatrième évangileChapitre 395 sur 857 · Matth. XVI · texte numérisé non relu

Matth. XVI

déjà un écho en cet endroit. Les Juifs parlent selon (( la chair et le sang- » de ce qu'a dit le Christ sur sa chair et son sang; ils ne sont pas instruits par le Père touchant la vérité, l'esprit, la vie, qui sont dans cette chair et ce sang- divins. Pas plus en ce passage que précédemment Fauteur n'entend dégager la responsabilité des Juifs par rapport à leur manque de foi; il s'efforce de parer à une objection qui se rencontre dans Celse ^ et que l'on faisait certainement déjà de son temps : comment le Fils de Dieu a-t-il eu si peu de succès parmi les siens ; est-ce que sa parole n'aurait pas dû être autrement conquérante qu'elle ne Fa été? L'évangéliste répond que cet échec était dans l'ordre de la Providence, et pour que la personne et le rôle du Sauveur ne semblent pas diminués par là, il observe que Jésus lui-même n'en a pas été surpris : le Christ le savait d'avance; il ne s'est jamais fait d'illusion sur les gens à qui s'adressait sa prédication, parce qu'il a connu dès le début ce dont ils étaient capables, ce que lui-même pouvait attendre d'eux ; il a discerné <f ceux qui ne croyaient pas » réellement, « et celui qui devait le trahir ».

Le « commencement » dont il s'agit ne peut pas être le commencement de l'entretien ^, à moins qu'on ne considère l'entretien luimême comme figurant l'ensemble ou du moins la période principale de la prédication galiléenne. Mais, dans la perpective du récit, comme l'auditoire comprend des gens qui suivent Jésus depuis un certain temps et qui sont appelés disciples, le « commencement », par rapport à ceux-là, ne peut être que leur première rencontre avec le Sauveur. Les interprètes anciens admettaient volontiers que ce commencement signifiait l'éternité ^ : l'économie naturelle du discours et la comparaison d'autres passages demandent que l'on reste dans le temps. Si Jean affirme volontiers la préexistence du Sauveur et la gloire dont il a joui de toute éternité près du Père, il ne parle jamais de sa prescience éternelle relativement à sa mission terrestre. En prenant ce passage comme lettre

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