Cf. VI, 63 et
4. Cf, VI, 64-65, et 70-71, où il y a quelque confusion entre le grand cercle de l'auditoire galiléen et le petit cercle des Douze.
s'étant ainsi retirés, les Douze se trouvent seuls auprès du Sauveur. C'est la première fois que l'auteur mentionne l'existence du collège apostolique, et il en parle comme d'un groupe connu. Ce groupe ne se constitue pas en vertu de la défection de tous les autres disciples; il est censé exister auparavant, quoique l'on n'en ait rien dit. Jean ne doit pas se référer aux Synoptiques, car son livre n'est pas un supplément des Evangiles antérieurs, mais à une donnée historique si vulgaire qu'il n'a pas songé même à en marquer le point de départ. Il s'intéresse peu au collège des apôtres, mais à telles personnes qui y ont appartenu; s'il parle des Douze, c'est pour faire droit à une tradition dont il ne pouvait s'écarter, et parce que les Douze figurent pour lui la société des croyants.
Se voyant abandonné de tous ceux qui naguère le suivaient avec tant d'ardeur et d'enthousiasme, Jésus dit aux Douze : « Vous aussi, voulez -vous partir? » Cette question n'exprime pas un doute sur leurs dispositions, ni la proposition d'un choix à faire, mais une invitation à manifester la foi qu'ils doivent avoir ^, et qu'ils ont tous, sauf Judas. C'est la question des Synoptiques - : (( Et vous, que dites-vous de moi? » transposée et adaptée au cadre johannique. L' opinion du peuple, dont Jésus s'informe d'abord, d'après le récit de la Synopse est établie ici par les faits précédemment racontés L'interrogation se fait donc uniquement pour les disciples. Le Christ johannique n'a pas besoin de renseignements sur ce qui se passe dans le cœur des hommes ; mais il faut que les apôtres connaissent le privilège de leur vocation. Simon- Pierre répond pour tous, comme dans les Synoptiques, et il dit : « Seigneur à qui irions-nous? Tu as des paroles de vie éternelle? » Les apôtres ne sont pas comme la foule qui vient de déserter l'Evangile; ils n'ont pas l'intention de s'en aller; ils reçoivent comme parole de vie, donnant la vie éternelle et y conduisant, la parole que les autres ont trouvée dure et insupportable ; ils ne s'arrêtent pas davantage à l'origine terrestre de Jésus, et sans demander comment le « fils de Joseph » peut être le pain de vie descendu
\. B. Wkiss, 279.