‹ Le quatrième évangileChapitre 408 sur 857 · Luc, VIII, 16-17; xii, 2; Mattii. x, 26; v · texte numérisé non relu

Luc, VIII, 16-17; xii, 2; Mattii. x, 26; v

A LA FÊTE DES TABERNACLES. LES JUIFS

aider à comprendre en quoi consiste le manque de foi. Les frères se font du Messie la même idée que les Galiléens dont la foi a été déconcertée par le discours sur le pain de vie. Ils n'ont pas la foi qu'il faut avoir en Jésus ; ils ne demandent pas mieux pourtant que de croire en lui, s'il veut réaliser leur programme messianique ; à cet égard, ils représentent la disposition générale de la masse galiléenne et, en un sens, de la masse juive, incapable de s'élever plus haut que la conception du Messie national, exempte de haine, d'animosité jalouse contre Jésus, empêchée de croire, parce que Jésus ne fait pas ce qu'elle attend et qu'elle n'a pas l'intelligence de l'œuvre spirituelle accomplie par lui. Ce judaïsme est le frère du christianisme selon la parenté naturelle et historique, mais non selon l'esprit. Les commentateurs qui transportent cette indication dans l'histoire évangélique, et qui veulent, à tort d'ailleurs, qu'il y ait eu des « frères » du Seigneur dans le collège apostolique, en sont fort embarrassés. Faudra-t-il donc supposer des apôtres incrédules, en dehors de Judas, après la confession de Pierre? Les conjectures les plus diverses ont été proposées ^ ; mais il ne paraît pas utile de les discuter ici. « Les frères », quels qu'ils soient, dont parle notre auteur, ne sont pas à chercher parmi les Douze : sont-ils arrivés plus tard à la foi-? l'évangéliste n'en dit rien. La mère de Jésus seule est recommandée au disciple bien-aimé par le Sauveur mourant, sans que l'on pense aux frères, parce que mère et frères sont des variantes du même symbole. Ce n'est pas à Jean qu'il faut demander des renseignements sur la famille du Christ. Ce qui est à remarquer surtout dans ce passage est la curieuse transposition qu'a subie la donnée synoptique des frères courant après Jésus pour le ramener à la maison, tandis qu'on les voit ici invitant le Sauveur à se manifester comme Messie à Jérusalem. De part et d'autre, il y a manque de foi ; mais combien celui qui est accusé dans le quatrième Evangile est-il différent de celui que fait connaître Marc ! On dira qu'il ne s'agit pas du même fait, et que les circonstances ne sont pas les mêmes. Rien n'est plus vrai, puisque la scène décrite dans le quatrième Evangile n'est pas historique ; mais cette scène n'en est pas moins comme un écho et un commentaire spirituel, une

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